Message des petits bâtisseurs du nouveau monde

 

À combien de reprises devrais-je retourner encore dans ce monde fantastique ? 

Ce monde où tous vivent en paix et où personne ne se soucie du lendemain, car celui-ci fait déjà partie du passé… Le retour sur Terre est pour moi chaque fois de plus en plus difficile à supporter. Le contraste entre ici et là-bas est tellement grand que j’en ai toujours pour plusieurs jours à m’en remettre. Plus le temps passe et plus l’incertitude prend de place.

Si je n’avais pas fait le bon choix ? Aurais-je la force de mener à bien cette importante mission ? Comment sera reçue cette connaissance ? Autant de questions auxquelles je ne peux trouver de réponse, et cela ne fait que renforcer mon insécurité. Je sais pourtant que je dois me rappeler cette fameuse phrase qu’un de mes professeurs m’avait dit un jour, un jour qu’il avait mon attention : « Si tu es incapable de te faire confiance, comment veux-tu que les autres puissent avoir confiance en toi ? »

L’appel de la destinée vint frapper une autre fois à ma porte. Elle attend de moins en moins longtemps maintenant avant de faire son entrée dans mon inconscient. Après tout, les formes de politesses ont déjà été faites il y a de ça un bon moment.

loi enfant

Devrais-je encore m’en surprendre ?

Où vais-je atterrir cette fois ?

Je m’étonne presque à essayer de trouver…

Bonjour Alasira, mon ami, ça va bien ?

Comment se passent tes journées depuis que tu sais ce que tu sais ?

— Ça va bien. Seulement, j’ai quelques craintes… Je me demande si j’aurai la force de mener à bien cette mission. C’est un lourd poids que je devrai porter sur mes épaules, et ce, pour le restant de mes jours. J’ai l’impression que plus je prendrai de l’âge et plus il sera difficile à supporter.

— C’est là que tu te trompes mon ami. Tu auras de l’aide, beaucoup d’aide.

Aujourd’hui, tu as l’impression d’être seul, mais déjà tu ne l’es plus. La conscience a commencé à faire son propre chemin dans le cœur des hommes et des femmes de la Terre. Très bientôt, plusieurs se joindront à toi, et ta charge te paraîtra soudainement bien légère. Ce qui fait la force d’un homme ce ne sont pas les muscles qui couvrent son corps, mais le cœur qui les fait vivre. Ton cœur est fort, mon ami, très fort. Tu n’as rien à craindre. Tu sauras être la bonne personne lorsque sera venu le temps.

— Tu me rassures.

— Maintenant, je ne sais pas si tu te souviens, mais je t’avais dit que tu verrais bientôt comment les habitations du nouveau monde prenaient forme. Bien, le moment est venu d’assister à l’élévation de l’un de ces gigantesques monuments. Suis-moi et tu verras.

Ce que je fis. J’étais tellement occupé à me demander si je saurais être à la hauteur de cette tâche, que je ne m’étais même pas rendu compte de l’endroit où j’étais. Pour faire une image plutôt simpliste de ce lieu, disons que je me trouvais dans ce que l’on pourrait appeler un chantier de construction. Toutefois, sans machinerie, sans outils et sans matériaux. La seule chose qu’il y avait sur place était un gros amas de glaise ou d’argile.

Enfin, absolument rien qui laissait supposer un seul instant qu’une bâtisse d’envergure colossale allait bientôt prendre forme sous mes yeux. Qui plus est, le chantier était complètement désert.

— Tu verras, cela ne sera plus long maintenant. Les bâtisseurs du nouveau monde vont arriver incessamment.

Au moment où mon ami prononça ces paroles, je vis arriver à la marche un attroupement d’hommes, de femmes et d’enfants tenant dans leurs mains toutes sortes d’objets les plus inusités les uns les autres. Il y avait des bâtons avec un bout plat qui ressemblaient à des bâtons de cricket, des sceaux, des grattoirs de toutes sortes, de petits instruments semblables à des mirettes, des ébauchoirs, enfin, de tout pour retourner, égaliser, aplatir et sculpter la terre.

Toutefois, ces objets ressemblaient beaucoup plus à des jouets que les enfants utilisent pour fabriquer des châteaux de sable qu’à des outils servant à la construction d’édifices. En voyant arriver ces hommes et ces femmes dans leurs tenues du dimanche avec leurs bâtons à la main, je les imaginais devoir affronter, ainsi parés, une horde de guerriers sauvages…

Pas besoin de vous dire qu’ils en auraient fait qu’une bouchée! Mais bon, ces gens n’étaient pas là pour faire la guerre, mais plutôt pour la construction d’un édifice. De toute façon, il y avait sûrement déjà belle lurette que ces hommes et ces femmes n’avaient pas connu la guerre. On peut même se demander si ce mot faisait encore partie de leur vocabulaire.

C’était tellement étrange, chacun arrivait avec un large sourire accroché à sa figure, comme s’il s’en allait participer à une fête ou à un carnaval. Des mères tenaient leurs jeunes enfants dans leurs bras alors que les plus âgés couraient en avant du groupe. Il y en avait d’autres qui étaient grimpés sur les épaules de leurs pères. En tout cas, une chose est sûre, nous étions bien loin des travailleurs de la construction que l’on connaît aujourd’hui.

Alors ça oui, très loin!

— Mon ami, as-tu déjà assisté à la construction d’un temple en une seule journée ?

Sûrement pas ! Bien, pour la première fois dans l’histoire de ton humanité, tu seras témoin de ce prodige. Assois-toi confortablement et regarde ces bâtisseurs de génie à l’œuvre.

Comme mon ami me l’avait si bien suggéré, je m’assis près de lui dans un petit coin tranquille, à l’écart, afin d’assister à ce prodige. Je dois vous dire que, en regardant tous ces gens qui paraissaient avoir beaucoup plus le cœur à la fête qu’à travailler, sans parler de leurs enfants qui couraient dans tous les sens, j’avais beaucoup de difficulté à croire qu’ils arriveraient à faire quelque chose de bien dans ce brouhaha. Mais bon, je devais quand même leur laisser le bénéfice du doute.

C’est alors que commença le travail – si je peux appeler cela du travail, car chacun rigolait et paraissait avoir tellement de plaisir que cela ressemblait bien plus à un jeu qu’à un travail. Pendant que les jeunes enfants jouaient accompagnés de leur mère, les autres commençaient à travailler l’amas de terre qui était déjà là à leur arrivée.

Certains transportaient de la terre dans de petits récipients alors que d’autres commençaient à la manipuler afin d’élever des sortes de murets. Ce ne fut pas long que l’œuvre commença à prendre forme. Leurs gestes étaient adroits et très précis ; leurs talents, vraiment extraordinaires! J’assistais à ce moment même à la construction en direct d’un superbe château tout en argile, à une échelle réduite. Il commençait à prendre des allures royales avec ses magnifiques figures gravées sur les parois et ses colonnes sculptées sur la façade. Tout ceci était magnifique, mais nous étions encore loin d’un gigantesque monument. Je ne savais pas trop quoi en penser de ce travail, ma foi superbe certes, mais tout de même inutile.

C’est alors qu’il se passa quelque chose de très surprenant.

Le temps autour de nous se mit à accélérer. Les personnages filaient devant mes yeux comme des centaines de petites fourmis pressées par le temps, Pareil à l’image d’un film que l’on passe à vitesse rapide. Je regardais alors mon ami, très surpris, mais je me doutais bien que ce petit manège avait sûrement été commandé par lui…

extrait du livre LE MESSAGER sur mon autre blog : http://francesca1.unblog.fr/

Instruction au Moyen Age

… ou comment les écoles primaires étaient déjà légion sur l’ensemble du territoire

« On a cru longtemps que le Moyen Age n’avait connu rien qui ressemblât à ce que nous appelons l’instruction primaire. C’est une grave erreur ; il est fait à chaque instant mention d’écoles dans les documents où on s’attendait le moins à trouver des renseignements de ce genre, et l’on ne peut douter que pendant les années même les plus agitées du XIVe siècle, la plupart des villages n’aient eu des maîtres enseignant aux enfants la lecture, l’écriture et un peu de calcul », affirme au XIXe siècle l’historien médiéviste Siméon Luce, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et archiviste aux Archives nationales. Beaucoup de nos provinces connurent en effet dès cette époque les bienfaits de l’enseignement populaire, et les éléments de l’instruction y furent mis à la portée des classes laborieuses.

Du Ve au XIIe siècle, le clergé seul s’occupe des choses de l’enseignement et si nous voulons avoir une idée de l’état intellectuel de nos pères en ces siècles reculés, c’est uniquement aux documents ecclésiastiques qu’il faut recourir, ce sont les collections de conciles qu’il faut étudier.

Le premier texte que nous puissions citer est celui du concile de Vaison (529) exhortant les prêtres établis dans les paroisses à recevoir chez eux de jeunes lecteurs et à les instruire. L’Église avait sans doute en vue, dans ces prescriptions, le recrutement du clergé, mais leur accomplissement avait des conséquences plus générales, car beaucoup de ces jeunes lecteurs restaient dans le monde, comme le Concile le prévoit expressément.

grammaire

La Grammaire et son amphithéâtre d’élèves
(Extrait de Noces de Philologie et de Mercure, Xe siècle)

Au-dessus de ces écoles paroissiales, qui, selon Guizot « se multiplièrent fort irrégulièrement, assez nombreuses dans certains diocèses, presque nulles dans d’autres » (Histoire de la civilisation en France) s’élevaient les écoles épiscopales dont les plus florissantes, du VIesiècle au milieu du VIIIe furent celles de Poitiers, Paris, Le Mans, Bourges, Clermont, Vienne, Chalon-sur-Saône, Arles et Gap. A côté d’elles, des écoles dans tous les monastères où pendant longtemps, non seulement les novices, mais les étrangers furent admis. Une assemblée d’abbés et de moines tenue à Aix-la-Chapelle en 817, ayant décidé que les écoles intérieures des monastères seraient ouvertes uniquement aux oblats, dans toutes les abbayes de quelque importance, les écoles furent de deux sortes, les unes intérieures pour les oblats et les moines, les autres extérieures pour les clercs et les laïques qui les voulaient fréquenter.

C’est ainsi que plus tard Guillaume, abbé de Fécamp, au dire de son ancien biographe, « institua dans tous les monastères dont il était chargé, des écoles sacrées, où, pour l’amour de Dieu, des Frères instruits et propres à l’enseignement, distribuaient gratuitement le bienfait de l’instruction à ceux qui se présentaient, sans exclusion de personne. Serfs et libres, pauvres et riches avaient une part égale à cet enseignement charitable. Plusieurs recevaient de ces monastères en même temps que l’instruction, la nourriture qu’ils n’auraient pas eu le moyen de se procurer, et parmi ceux-là il s’en trouva qui prirent l’habit monastique. » (cité par Beaurepaire, Guillaume de Fécamp vivait au XIe siècle)

Nous n’ignorons pas que l’histoire de ces écoles n’a qu’un rapport éloigné avec celle de l’instruction primaire, puisque les arts libéraux et l’écriture sainte y étaient enseignés. Néanmoins nous avons dû signaler leur existence, car il est bien évident, ou bien que leurs élèves étaient préparés à recevoir leur enseignement dans des écoles inférieures, ou bien qu’elles commençaient elles-mêmes par leur donner les premières leçons.

A l’avènement de Charlemagne, la décadence était déjà venue pour ces écoles. Mais ce grand homme, admirablement secondé par les évêques de son empire, fit d’énergiques efforts pour leur rendre leur ancien lustre. A Aix la-Chapelle, en 789, il reprend la tradition du Concile de Vaison et ordonne aux prêtres de tenir école dans leurs paroisses, nous apprend l’érudit du XVIIIe siècle Jean Hardouin. En 797, nous avons le célèbre capitulaire de Théodulfe évêque d’Orléans, si souvent cité : « Que les prêtres établissent des écoles dans les villages et dans les bourgs, et si quelqu’un de leurs paroissiens veut leur confier ses enfants pour leur apprendre les lettres, qu’ils ne les refusent pas, mais qu’ils accomplissent cette tâche avec une grande charité. » D’autres évêques s’approprièrent les prescriptions de Théodulfe, et les communiquèrent à leur clergé, nous explique Maggiolo dans Du droit public et de la législation des petites écoles. Plusieurs conciles donnèrent aux prescriptions de Charlemagne la sanction de l’autorité ecclésiastique, par exemple, celui de Mayence en 813, enjoignant aux prêtres d’exhorter le peuple chrétien à envoyer ses enfants aux écoles, explique encore Hardouin.

Le IXe siècle nous fournit d’autres témoignages. Le capitulaire d’Hérard de Tours (858) prescrivant aux prêtres d’avoir des écoles et de bons livres, l’ordonnance de Vautier d’Orléans (860) rappelant la même obligation, enfin celle d’Hincmar de Reims enjoignant aux visiteurs des paroisses de s’enquérir si chaque prêtre a chez lui un clerc qui puisse tenir l’école. Il est vrai que de bons critiques ont affirmé que les écoles dont il est question dans ces textes étaient uniquement destinées au recrutement du clergé, mais outre qu’ils restreignent sans preuves évidentes le sens d’expressions générales, on peut leur opposer un texte presque contemporain ; c’est la constitution de Riculfe, évêque de Soissons (889) rappelant aux prêtres la modestie dont ils ne se doivent jamais départir en gouvernant leurs écoles, et leur défendant d’y recevoir des filles avec les garçons. Eut-il été besoin d’une ordonnance spéciale pour interdire aux filles, l’accès d’écoles exclusivement destinées aux clercs, comme le précise Hardouin dans le tome VI de son Histoire littéraire de la France.

Il est certain que ces écoles épiscopales, monastiques et paroissiales eurent beaucoup à souffrir de l’état déplorable de l’Europe aux Xe et XIe siècles. Mais quand vint la grande époque du Moyen Age, à partir du XIIe siècle, grâce au concours de l’Eglise et de l’État, elles refleurirent et l’on a pu retrouver leurs traces en beaucoup de provinces. Pour nous rendre compte de la situation de l’instruction primaire en France au Moyen Age, nous interrogerons d’abord les contemporains, nous citerons les faits particuliers qu’une étude attentive des documents originaux a fait découvrir aux érudits qui ont publié les travaux spéciaux sur notre question, enfin nous présenterons quelques considérations qui nous semblent de nature à légitimer une large induction.

enseignement

Enseignement de la morale (Extrait de Verger de Consolation, XIIIe siècle – XIVe siècle)

Pour apprendre à l’enfant comment conduire sa vie selon les préceptes de la morale,
on lui présente les vertus comme un château dont chaque pierre
porte un précepte : « aime tes parents », « fuis la colère ».
La porte du château de vertu a comme devise « obéissance et patience »

Voici d’abord un texte explicite de Guibert de Nogent : « Il y avait un peu avant cette époque (1065) et même encore depuis, une si grande rareté de maîtres d’école, qu’on n’en voyait pour ainsi dire aucun dans la campagne, et qu’à peine on pouvait en trouver dans les grandes villes ; encore étaient-ils d’une si faible science qu’on ne pouvait les comparer aux clercs qui sont maintenant (1110) dans les campagnes. » (Vie de G. de Nogent par lui-même) A en croire le même chroniqueur, au commencement du XIIe siècle tous les hommes furent pris d’une ardeur extraordinaire pour l’étude… « Voyant, dit-il, que de tous côtés, on se livre avec fureur à l’étude de la grammaire et que le nombre toujours croissant des écoles en rend l’accès facile aux hommes les plus grossiers… » (Histoire des croisades, par G. de Nogent)

Un texte du continuateur de Guillaume de Nangis, est également significatif. Parlant des malheurs que causa l’effroyable peste de 1348, il dit : « On trouvait alors peu de maîtres qui sussent ou voulussent apprendre les rudiments de la grammaire aux enfants, dans les maisons, les villages et même les villes closes. » La pensée de signaler cette disette de maîtres fût-elle venue à l’esprit de l’historien, si elle n’eut été un fait exceptionnel et temporaire ? Comment encore si les écoles primaires eussent été un mythe ou si l’on veut une exception très rare, Gerson, dans son traité de la visite des paroisses écrit dès l’an 1400, eût-il conseillé aux visiteurs de s’enquérir avec soin, « si chaque paroisse possède une école, comment les enfants y sont instruits, et d’en établir dans les lieux où il n’en existe pas. »

L’étude des documents inédits a prouvé la justesse des conclusions qu’on a tirées de ces textes. Il y a longtemps déjà que L. Delisle, a pu écrire dans son remarquable ouvrage sur la Condition de la classe agricole en Normandie : « Des documents nombreux établissent surabondamment combien les écoles rurales étaient multipliées au XIIIe siècle et aux suivants dans la Normandie. » Et Siméon Luce n’a pas craint de dire : « On a cru longtemps que le Moyen Age n’avait connu rien qui ressemblât à ce que nous appelons l’instruction primaire. C’est une grave erreur ; il est fait à chaque instant mention d’écoles dans les documents où on s’attendait le moins à trouver des renseignements de ce genre, et l’on ne peut douter que pendant les années même les plus agitées du XIVe siècle, la plupart des villages n’aient eu des maîtres enseignant aux enfants la lecture, l’écriture et un peu de calcul. » (Histoire de Du Guesclin, 1876)

De fait, nous pouvons citer un grand nombre d’écoles, non seulement dans les villes, mais dans des paroisses rurales peu importantes des diverses provinces de notre pays. Delisle en signale 33 en Normandie (Etudes sur la condition de la classe agricole en Normandie). Son enquête forcément restreinte a été étendue et approfondie par de Beaurepaire. Les archives de la Seine-Inférieure lui ont fourni la preuve irrécusable de l’existence d’écoles nombreuses à partir du XIIe siècle. Et ces écoles ne se rencontrent pas seulement dans des villes ou des localités populeuses ; d’humbles villages en sont pourvus, villages dont quelques-uns ont aujourd’hui trop peu d’importance pour former des communes distinctes. La mention de ces écoles de paroisses avec l’indication sommaire des documents qui en ont révélé l’existence forme un très long et très curieux chapitre du livre de l’érudit normand.

Il faut ici, d’une part, remarquer l’absolue certitude de renseignements fournis uniquement par des textes contemporains, d’autre part se bien convaincre de la rigueur de l’induction qu’on en peut tirer. « Quand on rencontre, dit de Beaurepaire, des écoles dans des localités d’une aussi mince importance que celles que nous avons énumérées, il n’y a plus moyen de douter qu’il n’y en ait eu, sinon dans toutes les paroisses rurales, du moins dans la plupart, et surtout dans celles où la population était un peu considérable. » A l’autre extrémité de la Normandie, dans le département actuel de la Manche, l’abbé Trochon a retrouvé la trace des écoles de Coutances. D’autre part l’auteur contemporain de la vie du B. Thomas de Bivllle, chapelain de Saint-Louis nous apprend qu’il enseigna en diverses écoles de ce pays, rapporte Delisle. De Charmasse a pu retrouver 8 des anciennes écoles de l’Autunois ; Quantin, 28 du département de l’Yonne ; Sérurier, 10 des Pyrénées occidentales ; de Resbecq, 11 du département du Nord ; Babeau, 7 de l’Aube ; Bellée, 9 de la Sarthe ; Maître, 3 du comté Nantais ; Port, 13 de Maine-et-Loire ; de Jussieu, 5 de la Savoie.

Une sentence arbitrale de l’an 1216 entre le doyen et le chapitre de Saint-Apollinaire de Valence porte que le chapitre nommera le maître des écoles. Dans un acte du doyenné de 1471, il est établi que le doyen confère les écoles à Valence et dans tout le diocèse, hormis les lieux collégiés (L’instruction primaire dans la Drôme avant 1789 par Dupré de Loire, 1874). On peut également citer en Dauphiné les écoles de Montbéliard dès le XIIe siècle, de Romans, de Montélimar, de Briançon, du Buis. Battault a prouvé par des textes qualifiés de suffisants et décisifs par la Revue des Sociétés savantes en 1876, qu’en Bourgogne et spécialement à Chalon, comme en beaucoup d’autres villes et villages, il a existé très anciennement des écoles dont on peut suivre la trace à dater du XIIIe siècle dans la plupart des cartulaires. L’intéressant mémoire de Rameau prouve l’existence d’écoles à Mâcon dès le XIVe siècle et à Basgé au XVe (Revue de l’Ain, juillet-août 1876).

Nous relevons dans le Dictionnaire de Pédagogie de Buisson les règlements des écoles de Bourg (Ain) en 1391, et la taxe scolaire de 1429, une requête du maître d’école de Foix au XVesiècle sollicitant des officiers municipaux l’assainissement du local qu’il occupait, l’indication des écoles de Moulins (1424) ; de Jaligny-sur-Allier où l’on trouve dès le XIII>sup>e siècle un Rector Scholarum ; de Marseille, où l’on a retrouvé les diplômes accordés par les évêques aux XIVe et XVe siècles pour les écoles des paroisses, et une allocation accordée en 1401 à l’école communale, d’Antibes (1483), de Brie et Redon (1096), Pornic (1113), Quimper (1260), Saint-Malo (1350).

GEOMETRIE

Leçon de géométrie (Extrait de Image du monde, XIVe siècle)

Dans la même province, le docteur Dupuy a signalé des écoles à Goezbriand, à Nantes, Rennes, Vannes et Tréguier (article du Bulletin de la Société académique de Brest intitulé Les écoles et les médecins en Bretagne au XVesiècle). « L’instruction, ajoute-t-il, était moins répandue au XVe siècle qu’au XIXe, mais elle n’était pas entièrement négligée. Le seigneur pour administrer ses domaines, le marchand pour tenir ses comptes, le gentilhomme pauvre et le bourgeois ambitieux pour exercer quelque fonction lucrative dans le notariat ou la judicature avaient besoin de s’instruire ; les notables de chaque paroisse pouvaient devenir fabriqueurs et trésoriers. Ils avaient des recettes à noter, des dépenses à enregistrer. Il leur était nécessaire d’apprendre à écrire. Aussi les illettrés sont rares dans les nobles, la bourgeoisie et parmi les paysans qui possèdent quelque aisance. »

D’un canon du concile de Cognac présidé en 1260 par Pierre, archevêque de Bordeaux et interdisant aux écoliers les combats de coqs, on peut légitimement conclure que les écoles n’étaient pas inconnues au XIIIe siècle dans la province ecclésiastique de Bordeaux. L’abbaye de la Sauve recevait les enfants du voisinage pour les instruire (Histoire de l’abbaye de la Sauve, par Cirot de la Ville). Nous voyons d’ailleurs dans les hommages rendus en Guyenne par les serfs questaux à leurs seigneurs, qu’ils s’engagent ordinairement à ne pas mettre leurs enfants à l’école sans la permission desdits seigneurs. Cette clause ne serait pas régulièrement insérée si les écoles rurales eussent été inconnues dans le pays.

En 1414, nous trouvons parmi les notables de la ville de Bordeaux, Me Mohan Andrieu « meste de l’escola » (Archives de la ville de Bordeaux, Série BB, Registre de la jurade, 1414-1417). Maggiolo mentionne des règlements donnés aux écoles de Mende en 1286-1296, et la nomination des maîtres de cette ville en 1331 et 1361, des écoles presbytérales dans toutes les paroisses de Toul en 1240 des écoles presbytérales et claustrales à Nancy en 1221, 1298, 1342, 1484, une école à Vézelise en 1292. Nous disposons également de preuves de l’existence d’écoles au XVe siècle à Amiens, à Abbeville, à Corbie, à Saint-Omer, à Goupillières, à Decize (Nièvre). Nous indiquerons encore celles de Rethel, d’Albi où les questions scolaires ont une grande part dans la vie municipale, de La Rochelle, de Reims, de Haon-le-Châtel (Loire), de Montauban, de Montfort-l’Amaury, de Sisteron, de Saint-Léonard, de Mortain, d’Hermant en Auvergne, de Beaune, du diocèse de Chartres, de Nîmes.

Signalons aussi quelques faits concernant les écoles de Paris au Moyen âge. Dès 1292, le rôle de la taille donne les noms de 11 maîtres et d’une maîtresse d’école ; ils sont taxés au cinquantième de leurs revenus (Paris sous Philippe le Bel par H. Géraud, 1837). En 1380, le grand chantre de Paris, Guillaume de Sauvarville, réunit les maîtres, maîtresses, au nombre de 63, pour leur notifier les statuts qui les doivent régir et leur faire jurer de s’y conformer (Statuts et règlements des petites écoles de Paris, par Martin-Sonnet). Au XVe siècle, on compte à Paris environ cent écoles.

En l’absence de documents originaux démontrant l’existence des écoles en d’autres provinces au Moyen Age, l’énumération qui précède nous donne le droit de conclure, sans violer les lois de la logique, que ces provinces ne furent pas moins favorisées que celles dont nous avons parlé jusqu’ici. Au fond, si l’on considère la nature des pièces d’archives qui ont révélé l’existence des écoles signalées par nous, il faut bien reconnaître que la plupart d’entre elles ne semblaient pas faites pour un semblable usage. Au Moyen Age, il n’y avait rien qui ressemblât à notre centralisation, à notre administration uniforme. Personne ne songeait à dresser des statistiques, à cataloguer des institutions.

Comment donc l’existence des écoles du Moyen Age a-t-elle été révélée ? Ici par un jugement d’une officialité ou d’un tribunal quelconque en matière civile ou criminelle, là par une donation, ailleurs par une enquête, un procès de canonisation où nous découvrons par hasard la trace d’une école, d’un régent. Mille fois pour une, il y a chance pour que des documents de ce genre aient péri ou n’aient pas été explorés, puisqu’ils ne peuvent être étudiés que par des érudits de profession. Force nous est donc de faire une certaine part à la conjecture, et de nous attacher à certains indices qui paraissent significatifs à des érudits autorisés. Signalons-en quelques-uns.

Tout d’abord nous ne saurions négliger un argument d’une grande valeur. C’est celui qui se base sur le grand mouvement littéraire, scientifique et artistique des beaux temps du Moyen Age. « Quand on a devant les yeux, dit excellemment Ch. Jourdain, le tableau des universités qui furent établies du XIIIe au XVe siècle, dans les différents pays de l’Europe et particulièrement en France, quand on considère la multitude des collèges dont elles se composaient, les privilèges importants concédés aux écoliers et à leurs maîtres par les papes et par les rois, enfin le grand nombre de bourses fondées en faveur des étudiants pauvres, quelque lent que paraisse le progrès des études et des sciences durant le Moyen Age, on ne saurait méconnaître que l’éducation de la jeunesse n’ait été une des plus constantes préoccupations de l’Église et de la royauté, des seigneurs féodaux et de la bourgeoisie. » (Mémoire sur l’éducation des femmes au Moyen Age) La prospérité de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur au Moyen Age sont incontestables. Les écoliers accouraient par milliers aux universités. Cette prospérité suppose nécessairement l’existence de l’enseignement primaire.

ECOLE

Une école bondée (Extrait de Heures de Louis de Savoie, vers 1450)

Une autre preuve de la diffusion de l’instruction primaire au Moyen Age, c’est le grand nombre de clercs mariés qui se trouvaient alors dans les campagnes. « Assez rares aux époques antérieures, dit Siméon Luce, frappés de mesures répressives par les papes de la fin du XIIIe siècle, les clercs mariés se multiplient au XIVe à la faveur du relâchement de la discipline ecclésiastique et deviennent si nombreux à tous les degrés de la société qu’ils forment presque une classe nouvelle. Cette classe ne comprend pas seulement des tabellions, des avocats, des commerçants qui portent la tonsure, quoique mariés, et relèvent à ce titre de la justice épiscopale. En Normandie, un certain nombre de riches paysans sont à la fois clercs et vavasseurs. A Louviers, à Tournay, on trouve des clercs jusque parmi les teinturiers et les apprentis teinturiers ; cette qualité s’étend, à vrai dire, à toutes les professions manuelles. La noblesse elle-même apporte son contingent… Il tend ainsi à se former une sorte de classe neutre composée de nobles, aussi bien que de gens du peuple de toutes les professions et embrassant en quelque sorte l’élite de la société que nous appellerions aujourd’hui laïque. Or on ne peut entrer dans cette classe, si l’on ne possède au moins les premiers éléments de l’instruction. Car, outre qu’il y a un droit à payer au roi, si l’on est son bourgeois, ou au seigneur si on relève de quelque justice féodale, on n’accorde généralement la tonsure qu’aux personnes qui savent lire et écrire. » (Histoire de Du Guesclin)

Une preuve supplémentaire de la diffusion de l’enseignement primaire au Moyen Age se trouve dans les contrats d’apprentissage et de tutelle. Il est stipulé bien souvent que le pupille ou l’apprenti, quelquefois même l’enfant placé dans une maison comme serviteur sera mis aux écoles et instruit selon sa condition. Du reste, l’article 220 de la coutume de Normandie, relatif à la garde noble, porte que « où les seigneurs ne feraient leur devoir tant de la nourriture et entretènement que de l’éducation des soubz-aages, les tuteurs ou parrents se pourront pourvoir en justice pour les y contraindre. »

Les prédicateurs du Moyen Age si patiemment étudiés par Lecoy de la Marche nous montrent maintes fois dans leurs sermons, les petits enfants s’en allant par bandes aux écoles avec un alphabet pendu à leur ceinture (L’enseignement au Moyen Age, article paru dans Les Lettres chrétiennes en mai 1880). De Beaurepaire a observé qu’au Moyen Age on prenait dans les actes, comme titre d’honneur, la qualité d’écolier et quelquefois même on la préférait à celle d’écuyer ou de noble homme.

Beaucoup de documents par les signatures dont ils sont revêtus, prouvent que, dès le XIIIe siècle, l’instruction commençait à se répandre largement. Delisle a cité ce fait des vavasseurs de Troarn certifiant, en 1234, par leurs signatures autographes, l’exactitude du censier de la baronnie dressé par l’abbé Siffred : sept vavasseurs sont présents, sept signent. Évidemment des faits de ce genre ne sauraient être généralisés qu’à bon escient ; mais nous croyons avoir acquis le droit d’affirmer avec Baudrillart « qu’on rencontre un assez grand nombre d’écoles au Moyen Age et qu’il n’est pas douteux que la classe rurale en profita. »

Les filles elles-mêmes n’étaient pas totalement privées du bienfait de l’instruction, il suffit de lire l’important mémoire de Jourdain que nous avons cité pour s’en convaincre. N’omettons pas, pour rester rigoureusement dans les limites de la vérité historique, une observation importante. Le degré d’instruction du peuple au Moyen Age a beaucoup varié selon les lieux et les époques. Telle province, la Normandie par exemple, était infiniment plus favorisée que telle autre à cet égard. La situation scolaire de la France était bien meilleure au commencement du XIVe siècle qu’au milieu du XVe, après les désastres de la guerre de Cent Ans. Mais il est impossible à tout esprit éclairé et au courant des résultats obtenus par l’érudition contemporaine, de nier que beaucoup de nos provinces, au Moyen Age, connurent les bienfaits de l’enseignement populaire et que les éléments de l’instruction y furent mis à la portée des classes laborieuses.

 D’après « L’instruction primaire en France avant la Révolution
d’après les travaux récents et des documents inédits », paru en 1881

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Pour les générations futures

 

La relation au temps est un élément majeur de structuration d’une société. Elle semble si naturelle, le consensus à son sujet est tel, l’empreinte culturelle si forte, que l’on ne l’explore que rarement en profondeur. Pourtant, l’histoire de la perception que les différentes sociétés se font du temps est étonnante.

Le temps peut ainsi être conçu comme cyclique ou linéaire, l’attention tournée vers le passé ou vers un événement futur apocalyptique… Dans le domaine de la responsabilité morale, qui sera l’objet d’étude de cet article, une révolution est en marche. La référence aux ancêtres, aux pères, aux anciens, était traditionnellement la source indiscutable de la sagesse. Il s’agissait de s’en inspirer, de les égaler au moins, de les dépasser peut-être.

Sous le coup des atrocités du vingtième siècle, et des modifications sociologiques profondes portées par la modernité (et la post-modernité), cette référence consensuelle se désagrège. Une nouvelle norme prend sa place : le souci pour les générations futures est en train de naître. La préoccupation pour sa propre descendance n’est pas récente, mais l’intérêt pour des êtres appelés à venir au monde dans plusieurs décennies, hors de tout lien de parenté, est d’une nouveauté stupéfiante et pour le moins paradoxale : pourquoi aurions-nous des devoirs envers de tels êtres virtuels ?

Ce bouleversement du champ de la responsabilité a conduit de nombreux philosophes à proposer de nouvelles théories éthiques, répondant de manière plus ou moins cohérente et originale à la question précédente.

Nous avons besoin de l’avenir

enfant yeuxQui n’a pas ressenti un léger frisson d’angoisse en apprenant que dans six milliards d’années, la Terre disparaîtra avec l’expansion du Soleil ? Qui ne se sentirait pas soulagé à la pensée que des avancées techniques  permettraient de réduire la période de dangerosité des déchets nucléaires de quelques centaines à quelques dizaines de milliers d’années ?

Ces exemples mettent à jour une disposition psychologique largement partagée : la perspective d’une continuité sociale minimale est nécessaire à notre bien-être. Les ressources environnementales jouent un rôle essentiel moins pour l’homme en général que pour l’homme contemporain. Ainsi, si nous acceptions que nos descendants s’éclairent avec des bougies, nos perspectives énergétiques seraient moins compliquées. Il semble en fait impossible de contempler de manière détachée l’évolution des besoins environnementaux à long terme, nous « emportons » notre mode de vie avec nous, bien que le respect de limites écologiques nous oblige à y apporter certaines corrections.

En concédant aux générations futures un droit égal aux ressources finies, ou en organisant une durabilité du développement, nous cherchons à prévenir un écroulement de la civilisation induit par une crise environnementale. Ainsi, la justice entre les générations ne répond pas uniquement à un désir de justice, elle sert aussi à assurer une survie. Ce motif est-il capable de servir d’argument, et en quels termes ?

Il ne s’agit pas en premier lieu d’une question normative (l’humanité devrait-elle survivre ? Visser’t Hooft   pense que si la justice nous prescrit le juste traitement des générations futures, elle n’exige pas qu’il y ait des générations futures), mais cela est en rapport avec le sens de la vie. En effet, une croyance implicite en la perpétuité de la présence humaine sur Terre contribue par beaucoup d’aspects à ce qui nous persuade que la vie vaut la peine d’être vécue. La justice entre les générations nourrit ce besoin présent de confiance en la perpétuation de la vie humaine sur Terre dans de bonnes conditions.

Nos soucis concernant le futur reflètent l’intérêt fondamental que nous avons à être capables d’insérer les moyens grâce auxquels nous vivons dans un cadre qui dépasse nos propres vies. Fonder une famille, contribuer au développement de la science présuppose une confiance dans les personnes futures vis-à-vis du maintien des valeurs auxquelles nous adhérons. Nous voulons avoir des enfants pour avoir un futur.

[…]

En effet, si les bases philosophiques de la justice distributive intergénérationnelle sont peu claires, le catastrophisme et la chaîne d’obligations intergénérationnelles se heurtent à l’obstacle redoutable de l’évaluation (scénario du pire pour l’un, héritage pour l’autre). Par exemple, comment évaluer l’héritage, et quel est le degré de substituabilité entre les différents biens ? Beaucoup de « mesures » de l’héritage ont été proposées, depuis la notion « objective » de ressources, jusqu’à celle subjective de bien-être, en passant par les opportunités de bien-être ou les bases productives.

L’utilisation de critères subjectifs pose problème, au sens où l’héritage sera évalué selon les préférences d’une seule génération.

[…]dans un monde où les préoccupations vis-à-vis des générations futures ne cessent de gagner en importance, elles peuvent jouer le rôle irremplaçable de phares guidant les hommes dans le brouillard moral et les aidant, au moins, à démasquer les contradictions nombreuses parmi les invocations désormais rituelles des droits des générations futures.

Extrait d’un texte : annales des mines janvier 2006

Pour poursuivre la lecture, rendez-vous ici http://www.annales.org/re/2006/re41/huteau.pdf

Témoignage : VIVRE sans enfant

 

Je ne vais pas y aller par quatre chemins et pour ce qui me concerne : Quel bonheur de ne pas avoir d’enfants !

Oh désolé, je ne veux choquer personne…mais n’empêche que c’est vraiment ce que je ressens et ce que je vis. Il y a déjà tellement de choses pratiques à faire au quotidien et c’est vrai que je profite bien de ces précieux moments pour me relaxer, être avec ma bien-aimée, voir des amis, voyager, créer des évènements, écrire des articles, méditer etc. Alors, bien sûr, les enfants sont souvent si mignons, si adorables, c’est sûr que je n’ai pas cette joie de donner et recevoir à un enfant et de le voir grandir. Mais en 2019, avec notre vie accélérée et un monde chaotique, je n’en rêve vraiment pas.

A 46 ans, quand je vois certains de mes amis qui ont des enfants et lorsque qu’ils me parlent de leurs difficultés, de leur fatigue, et du stress, franchement, cela fait encore moins envie. Alors, je sais que malgré tout devenir parent peut-être une belle expérience d’amour et de totalité. Dans son livre sur les constellations familiales le thérapeute allemand Svagito Liebermeister explique bien qu’il existe deux voies, la voie du parent et la voie du méditant. Les deux se valent et amènent des défis et un lâcher prise. L’un est plus tournée vers la méditation et la spiritualité et l’autre plus vers l’amour et la famille.

témoignage

Depuis l’âge de 22 ans, j’ai « décidé » à l’intérieur de moi de ne pas avoir d’enfants.

Il faut dire que je résidais à l’époque souvent en Inde dans le centre international de méditation Osho et qu’il n’y avait presque pas d’enfants et très peu de famille. A ma connaissance, le mystique Osho (qui pour moi représente la sagesse) n’a quasiment jamais donné sa bénédiction aux parents qui venaient lui demander une forme d’approbation. Il a souvent expliqué que le fait d’avoir un enfant prend beaucoup d’énergie et d’attention et cela se fait aux dépens du travail sur Soi et du cheminement spirituel.

« Si vous ne voulez pas avoir d’enfants, vous avez le droit de ne pas en avoir. Si vous voulez mettre votre créativité dans la peinture, dans l’art, dans la musique, c’est très bien, bien mieux que de mettre au monde un enfant qui sera peut-être un problème pour l’humanité. Qui sait quel type d’enfant va sortir de vous ? (…). Ce n’est pas la bonne époque pour donner naissance à un enfant ! »

Un jour, une femme est venue lui demander dans un darshan : « Je pense avoir un enfant, est-ce que c’est une bonne idée ? » Sa réponse est intéressante: Si tu peux éviter d’en avoir, c’est très bien. Quand des personnes me demandent, je suis dans une situation difficile. Si je dis « non « il semble que j’attaque la maternité. Si je dis oui, alors ils vont certainement faire face à des problèmes et des responsabilités et il est possible qu’ils se perdent là-dedans. La meilleure chose c’est de rester seule encore un peu de temps. D’abord finis le travail sur toi-même. Quand tu auras atteint un certain état, quand tu sauras que rien ne peut te déranger, ce sera alors le bon moment pour avoir des enfants.

Cela a toujours été mon leitmotiv, « prendre soin du bouddha qui est moi »…et du coup, comme je suis un peu lent à m’éveiller, même à 46 ans, cela me parait difficile d’avoir un enfant. Aujourd’hui, après 25 ans de cheminement spirituel, je sens que je serai « capable » d’élever un enfant mais j’ai conscience que cela serait dur malgré tout car l’expérience est immense. Et pourquoi devrai-je avoir un enfant alors que la vie est belle, qu’il y a trop d’êtres humains sur Terre et que je n’en ai pas besoin pour être heureux ? Parfois, des personnes me disent « oui mais justement, ce sont des personnes comme toi qui devraient avoir un enfant. »

Ce que les gens voient et apprécient en moi, c’est la Conscience, la même qui se trouve en chacun de nous. Et moi aussi si j’avais un enfant cela me serait plus difficile de nourrir mon monde intérieur. Je ne dis pas impossible mais que ce sera plus difficile car en devenant parent je deviendrai ce que j’appelle un « caretaker », je devrais m’occuper de l’enfant ou des enfants et l’expérience est intense et longue.

Et c’est d’autant plus vrai je pense pour la femme qui est celle qui est en général la plus concernée par la naissance et l’éducation d’un enfant. Combien de femmes ont arrêté leur travail pour l’enfant ? (ce qui n’est pas forcément un problème d’ailleurs…mais c’est quand même pour certaines un prix à payer). Et combien sont restées avec des hommes à cause de l’enfant ? Que dire aussi de tous ces couples qui divorcent quelques années après la naissance de leur(s) enfant(s) car ils ont oubliés de nourrir leur relation intime car absorbés par leur vie (et leur mental).

Sans enfant je me sens différent de la plupart des personnes qui fondent des familles. Je rentre peu dans les histoires de famille avec tout ce que cela signifie, je suis moins tourné vers le passé ou le futur. Je suis avant tout un individu libre dans le monde et en même temps hors du monde. C’est aussi une belle expérience du « moment présent ».

Avec mon amie, nous constatons souvent que nous n’avons pas les mêmes centres d’intérêt que ceux qui ont des enfants en bas âge. Le soir, nous avons du temps pour regarder des films ou des séries, nous avons du temps pour sortir, pour faire l’amour et pratiquer le Tantra et la méditation.

Même si je travaille beaucoup, j’ai toujours la possibilité de me reposer et de me cocooner et je sais que quand je finis ma journée, je n’ai pas à m’occuper des enfants. Je peux prendre soin de moi, je ne suis pas obligé de prendre soin de quelqu’un d’autre.

Sans enfant, je n’ai pas d’excuse pour ne pas méditer (et ni pour être en retard ! clin d’œil à tous ces parents qui disent être en retard à cause des enfants….hahaha !)

Sans enfant, je peux partir en vacances quand mon travail me le permet, je n’ai pas à m’ajuster aux emplois du temps des enfants.

Ne pas avoir d’enfants, c’est aussi des dépenses en moins. Quand je vois des gilets jaunes qui disent ne pas arriver à finir les fins de mois avec 3 ou 4 enfants. Je peux imaginer…mais pourquoi aussi ont-ils fait tant d’enfants ?! Aujourd’hui avoir des enfants peut obliger à travailler très dur car cela coûte cher, mieux vaut en être conscient !

Le méditant sait que le bonheur se trouve en Soi et que le moment présent est son seul moyen de trouver la paix et la joie qui sont naturellement en lui.

Et ce n’est pas une belle voiture, ni un chien, ni un enfant qui va nous amener le bonheur. Cela peut amener des joies et des peines et il n’y a pas de problème à vivre ou telle ou telle expérience mais ce n’est ce qu’on appelle la paix intérieure. La paix intérieure, c’est la pleine conscience, c’est la capacité d’observer le flux des pensées. Et elle n’est pas dépendante des conditions extérieures.

« Revenez au moment présent. Contentez-vous d’être et dégustez ce fait d’être. Si vous êtes présent, vous n’avez jamais besoin d’attendre quoi que ce soit. »
Eckhart Tolle

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Au cours de ma vie, je suis passé par des hésitations et des doutes, par exemple quand mon amie a eu la quarantaine, comme beaucoup de femmes, elle a eu un désir très fort d’avoir un bébé. Et même si je n’en voulais pas vraiment, nous avons donc essayé mais cela n’a jamais fonctionné et ensuite, c’était clair de nouveau pour moi que je ne voulais pas d’enfant et que c’était à prendre ou à laisser. C’était un moment très fort dans notre relation car autant je peux prendre responsabilité pour ce que je veux mais je ne me sentais pas à l’aise de ne pas lui permettre d’avoir ce qu’elle semblait désirer si intensément. Et en même temps je savais intuitivement par mon expérience de la méditation que la vie est belle aussi sans enfants et que même mon amie en serait heureuse quand la crise sera passée.

Aujourd’hui mon amie a eu 50 ans et je vois qu’elle est vraiment heureuse sans enfant. Elle peut s’occuper d’elle-même et profiter de la vie (qui est si courte).Cela étant, si nous avions un enfant, certainement, nous serions aussi heureux avec simplement une vie un peu différente. Nous aimons parfois jouer ou passer du temps avec nos neveux ou les enfants des autres, ce n’est pas « les nôtres » mais cela ne nous empêche pas d’être dans l’amour, la joie et le partage. Ce n’est pas une question de possession mais d’innocence et d’ouverture du cœur.

Nous ne sommes pas les seuls puisque les « childfree » ou les « No Kid », sont parait-il en pleine expansion aux Etats-Unis et en Europe. De plus en plus de personnes trouvent un sens et un épanouissement sans se reproduire et à nourrir d’autres formes de créativité.

Emmanuel Moulin, co-fondateur de meditationfrance.com

 PS : Nous serons près de 9,8 milliards sur Terre en 2050 et selon le mouvement américain Ginks («Green Inclination, No Kids»), le meilleur moyen de venir à bout du problème du réchauffement climatique serait de réduire la population mondiale de 500 millions de personnes d’ici 2050.

 

Les Emotions chez les Enfants

 

 

Grâce à l’échographie, nous avons découvert que les bébés, avant leur naissance, souriaient et montraient des expressions qui faisant penser qu’ils pleuraient. Cela nous montre que déjà, dans l’environnement placide et silencieux de l’utérus, que l’être humain « s’active » et se forme à cette langue instinctive et essentielle qui assurera sa survie. Le sourire contribuera à démontrer le bien-être et la satisfaction. Les pleurs serviront de « système d’alarme ». A travers lui s’exprimeront leurs besoins les plus élémentaires.

Chez le jeune enfant

Quelles que soient les émotions ressenties par votre enfant (colère, peur, joie…), elles entraînent parfois chez lui des comportements dérangeants. Votre enfant est tellement content qu’il s’excite, crie, saute et court partout; ou tellement en colère qu’il tape, mord et hurle à percer les tympans. C’est qu’il n’a pas encore appris à maîtriser ses émotions et à les extérioriser de manière acceptable.

Chez le jeune enfant, l’expression des émotions passe beaucoup par le non-verbal. Mais à mesure qu’il développe son langage et qu’il peut parler de ce qu’il ressent, il contient mieux ses émotions. En attendant, quand votre enfant manifeste ses émotions de façon excessive, vous pouvez tenter de le diriger vers un comportement moins dérangeant : l’inviter à rugir comme un lion au lieu de crier ou à serrer les poings plutôt que de lancer des objets, par exemple.

Les émotions assurent la survie de notre espèce. Elles permettent de nous adapter aux événements de la vie, de prendre des décisions et de mémoriser les événements qui correspondent à notre état émotionnel.

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Manifestation des émotions

Tel un signal, les émotions se déclenchent puis descendent lorsque l’événement est passé, Lorsque les émotions s’ancrent en nous sous forme de tensions physiques, elles deviennent néfastes. Ces tensions musculaires chroniques forment alors une cuirasse qui nous protège des expériences émotionnelles menaçantes ou dangereuses ainsi que d’une tendance à contrôler ses émotions en contenant la respiration et en réduisant l’expiration. Cela diminue les activités métaboliques et donc l’angoisse.

Retenir sa respiration permet de réduire l’expression émotionnelle mais aussi notre vitalité et sa fonction. Cela induit la crispation puis une tension musculaire. Rétablir une respiration libre et non entravée permet de libérer les tensions musculaires qui retiennent nos émotions non exprimées.

« Une émotion ne provoque pas de douleur. La résistance ou la suppression d’une émotion est ce qui cause réellement la douleur et la souffrance. » -Frederick Dodson-

Conclusion

Les émotions nous confèrent l’humanité, et bien que nous commettons souvent l’erreur de les classer en émotions négatives et positives, toutes sont nécessaires et précieuses. En fin de compte, elles assurent une fonction adaptative et rien ne peut être aussi important que le fait de les comprendre pour les utiliser de façon « intelligente » à notre profit.

Elles guident nos décisions, nos choix. C’est donc quelque chose de très important qui est malheureusement trop souvent mis de côté. Nous sommes tellement habitués à vivre avec que l’on n’y prête plus attention.

ARTICLE : Extrait du site source : mmindbodylife |Reprise par Francesca du Forum LA VIE DEVANT SOI : http://devantsoi.forumgratuit.org/ 

 

En Connexion avec ce que vit votre Enfant

 

 

Les théories sur les enfants de l’ère nouvelle se fondent souvent sur des classifications générales de comportement extérieur. Les syndromes et les diagnostics se basent sur des symptômes observables de l’extérieur. Mais ce qui manque ici et qui est vital pour réussir à aider ces enfants, c’est une connexion intérieure avec ce que vit l’enfant : les sentiments et les émotions qui génèrent le comportement extérieur.

Pour regarder quelqu’un d’une manière ouverte et impartiale, il est nécessaire de lâcher prise de notions et d’attentes préconçues. Vous pouvez vous connecter de façon authentique à quelqu’un (qui que ce soit), seulement à condition d’oublier tout ce que vous pensez savoir à son sujet. C’est seulement ainsi qu’il y a de la place pour être présent à l’instant de manière intuitive et sensitive. C’est aussi une belle façon d’accueillir quelqu’un, car vous vous permettez alors d’être touchés par l’énergie de son âme.

À partir d’une telle attitude d’ouverture, qui est de l’ordre du sentiment plus que de la pensée, il vous est possible d’entrer dans une communication avec l’autre qui est bénéfique et enrichissante pour tous deux. L’interaction avec un enfant n’est jamais à sens unique. Dans cette relation, chacun de vous est alternativement enseignant et étudiant. C’est ce qui caractérise toute relation spirituelle significative.

Lorsque la relation entre le guide et l’enfant a été définie d’une telle façon claire et transparente, il y a de nombreuses possibilités d’offrir un soutien à l’enfant dans son évolution. Je vais vous en indiquer quelques-unes de manière générale, qui n’ont pas la prétention d’être complètes mais indiquent plutôt une direction générale.

A

– L’appréciation positive de leurs qualités uniques (ce qui les rend différents)

Aidez-les à se souvenir de ce qu’ils sont. Aidez-les à prendre conscience que leur extrême sensibilité et leur idéalisme font partie des plus belles qualités qu’ils possèdent. Laissez-les  s’articuler autour de ce qui fait leur différence et encouragez-les à découvrir comment ces qualités apportent un enrichissement et une contribution au monde. Trouvez des manières créatrices d’exprimer leur haute sensibilité de façon à ce qu’ils y trouvent de la joie. Rassemblez-les et laissez-les échanger leurs expériences et partager leurs énergies.

– Le développement de l’intuition

Exercer leurs facultés intuitives de manière ludique les aide à se connecter à leur corps et à leurs émotions, et renforce leur conscience de soi. S’enraciner, connaître ses limites de l’intérieur et utiliser son intuition pour découvrir ce qui est bon pour soi, sont des talents que ces enfants sensibles peuvent aisément apprendre lorsqu’ils sont jeunes et sans contraintes. Plus grands, ils peuvent se sentir plus inhibés en ce qui concerne leur tendance naturelle à ressentir, imaginer et fantasmer. Si tel est le cas, il est important de les aider d’abord à prendre conscience des émotions et des croyances limitantes qui bloquent le cours de leur intuition. S’il y a des problèmes à ce sujet, presque toujours, le courant de l’énergie est bloqué dans les trois derniers chakras. Il y a des peurs, des frustrations et des déceptions chez ces enfants, c’est pourquoi ils peuvent se sentir en insécurité, déprimés ou même avoir envie de mourir.

– Respecter leur maturité d’âme

Sachez que leur haute sensibilité et leur différence a été un choix conscient de leur part et ayez confiance en leur capacité naturelle à résoudre leurs problèmes. Ne les traitez pas en victimes. Faites appel à leurs dons et à leurs talents et, autant que possible, laissez-les découvrir leurs propres réponses et leurs solutions. Encouragez-les à être en contact avec leur passion, leur inspiration et aidez-les à découvrir comment exprimer et manifester leur énergie d’inspiration sur la terre d’une manière concrète.

– Faire de la place à l’expression de soi 

L’énergie des nouveaux enfants et adolescents peut être si éthérée et idéaliste qu’elle peut sembler intangible. Il est important qu’ils s’expriment dans la forme matérielle. Ce peut être une forme d’expression artistique, comme la peinture ou la musique, ou encore les sports ou les jeux. Ce qui est important, c’est qu’ils sachent enraciner leur énergie et la rendre visible pour les autres. C’est ainsi qu’ils canalisent leur énergie à la terre. En tous cas, le point de départ devrait être leur joie de s’exprimer dans la forme matérielle. Lorsqu’on les encourage à explorer librement et à faire leurs expériences, ils vont découvrir les formes qui leur conviennent.

– Médecine alternative

Des formes de traitement doux, holistiques, tels que la lecture et la guérison psychiques et les médecines alternatives, peuvent être très utiles pour soigner les symptômes physiques de ces enfants qui sont liés à leur condition générale et psychologique. Comme ils sont très sensibles à l’énergie, ils répondent facilement aux modes de traitement centrés principalement sur le niveau énergétique (la psyché) et seulement en second plan, sur le corps. Il est important là encore de ne pas choisir un traitement ou une médecine basés uniquement sur les symptômes externes mais de faire une connexion intérieure avec la situation unique de chaque enfant. Le parent ou le thérapeute peut demander à l’enfant au niveau intérieur si le traitement lui est bénéfique. Lorsque l’enfant est plus âgé, il peut faire le choix lui-même.

– L’éducation

Les formes d’éducation illuminées prennent comme point de départ l’enfant et son monde intérieur. Dans le passé, la connaissance a souvent été déversée sur les enfants selon un mode magistral. On les considérait comme des récipients vides qui avaient besoin d’être emplis de connaissances utiles et de compétences. Mais si l’on considère l’enfant comme une âme mûre, qui a ses propres centres d’intérêts et ses buts, l’éducation revêt une forme très différente.

Le défi n’est pas tant de faire quelque chose à partir de rien, mais d’éveiller et de libérer ce qui est déjà présent en l’enfant : l’énergie naturelle de son âme qui veut se manifester et s’exprimer dans le monde matériel. Il y a en l’enfant une tendance naturelle à vouloir apprendre, à explorer et découvrir le monde.

Ce n’est que lorsqu’on les force systématiquement à ingurgiter des connaissances qui ne sont pas reliées à leur façon de faire l’expérience des choses qu’ils commencent à rechigner et à ne plus vouloir apprendre. Préserver et travailler avec l’appétit naturel de l’enfant à apprendre est la base d’une éducation nouvelle.

Selon cette approche, le rôle de l’enseignant est très différent. Ce qui lui est demandé avant tout, c’est d’être présent à l’enfant d’une manière ouverte et intuitive. L’enseignant admet au départ que l’on peut faire confiance aux facultés naturelles uniques de chaque enfant. Il permet à l’enfant de donner la direction, et lui offre son soutien en fournissant la connaissance et les matériaux nécessaires pour atteindre ses buts.

 SOURCE : Pamela Kribbe 2008  – Quelques Extraits….

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site https ://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com/

 

 

Qui sont les Enfants qui s’incarnent aujourd’hui

 

 

Aujourd’hui, nous aimerions attirer votre attention sur les enfants qui s’incarnent maintenant dans votre réalité. Avec chaque nouvelle génération, des progrès sont réalisés. Cependant, ces enfants sont plus avancés que jamais. Ils sont non seulement plus avancés dans leurs capacités, mais ils sont aussi chimiquement et intrinsèquement différents au niveau cellulaire.

Nous avons l’intention de vous donner notre point de vue sur les changements que vous pouvez vous attendre à voir chez les enfants entré dans votre réalité et sur ce dont ils seront capables.

En ce moment, les nouveaux parents doivent élever des enfants très différents comme jamais auparavant. Ce qui a fonctionné pour les générations précédentes ne sera plus suffisant ou souhaitable pour cette “nouvelle race” humaine. Vous êtes collectivement sur la voie d’un développement et d’une évolution rapides et ces enfants seront prêts pour ce progrès.

Depuis de nombreuses générations, les jalons qui sont devenus des repères du développement de l’enfant sont restés les mêmes. Cependant, au cours des 5-7 dernières années, il y a eu d’importants changements dans le développement des enfants qui ne peuvent pas toujours être mesurés sur un graphique statistique.

Les bébés naissent beaucoup plus éveillés que jamais ; dès l’instant où ces “vieilles âmes” entrent dans cette réalité, elles sont prêtes à faire leur marque, elles ont hâte de tout prendre. Les enfants ont toujours eu des vibrations très élevées. Ils n’ont pas de croyances limitatives en place qui permettraient d’abaisser leurs vibrations.

Ils sont fascinés par les joies simples de la vie et sont capables de vivre dans l’instant présent. Un bébé ne s’inquiète pas pour demain, ni ne s’attarde sur les événements passés; ils sont simplement présents dans le moment présent et vivent chaque instant au maximum.

Ces enfants qui s’incarnent dans cette réalité ont des rôles très importants à remplir. Leurs capacités reflètent ce qui est possible dans les dimensions supérieures grâce à l’évolution de votre espèce. Auparavant, vous étiez tous venus dans ce monde pour expérimenter la dualité, pour acquérir des expériences précieuses à partir de la grande variété qui est à votre disposition.

Ces enfants n’auront pas autant de choses à récupérer ou à se souvenir que les générations précédentes. Ils sont là pour vous montrer comment vivre dans les dimensions supérieures dès le début. En évoluant, en grandissant et en élevant votre conscience, vous faites de grands progrès pour retrouver votre véritable pouvoir. Ces jeunes enfants sont là pour vous offrir un nouveau regard, une nouvelle façon de vivre ensemble. Les enfants ont toujours été connus pour offrir des conseils très francs, mais ils ont rarement été pris au sérieux.

Les scientifiques commenceront éventuellement à voir les changements qui peuvent être détectés dans le cerveau de ces enfants. Leur cerveau ne fonctionne pas tout à fait comme les adultes autour d’eux. Ils auront une plus grande partie du cerveau activé et vous verrez donc de nouvelles capacités et habiletés venant de ces enfants; ce qui par le passé semblait impossible grandira pour être attendu. Vous pourrez en trouver la preuve sur les tomodensitogrammes qui montreront un degré d’activité beaucoup plus élevé à tout moment.

Au fur et à mesure qu’un enfant apprend et développe, des voies sont créées dans le cerveau pour lui permettre d’accéder à cette compétence ou à cette information. Ces nouveaux enfants auront beaucoup plus de sentiers que jamais auparavant. Cela permettra l’utilisation optimale de chaque section du cerveau pour permettre l’accès au plus grand potentiel.

On dit que l’humain moyen n’utilise qu’environ 10 % de son cerveau. Nous dirions que ce n’est pas tout à fait exact. Vous utilisez tout votre cerveau, mais la plupart des humains n’utilisent qu’environ 10 % des capacités potentielles de leur cerveau. Une idée erronée courante au sujet de cette notion est l’hypothèse que ce pourcentage se rapporte au renseignement. Cependant, en utilisant plus de votre cerveau comme il a été conçu à l’origine pour être utilisé permettra un degré plus élevé de connexion entre votre moi supérieur et votre esprit physique.

La connaissance peut être facilement acquise par l’utilisation appropriée de votre cerveau chaque fois qu’une nouvelle information est nécessaire; non pas parce que vous aurez une plus grande capacité de compréhension, mais plus encore parce que vous serez à nouveau universellement reconnecté et que toute l’information est facilement disponible pour que vous puissiez “télécharger” à n’importe quel moment. Ce qui a nécessité des générations précédentes d’entraînement intense et de mémorisation peut être facilement téléchargé dans votre esprit quand vous le souhaitez.

Utiliser 100% de votre cerveau vous permettra d’atteindre des capacités que vous n’avez jamais rêvées d’acquérir; une augmentation de l’intelligence globale n’est qu’une des nombreuses utilisations de votre cerveau. Cela reviendrait à utiliser l’un des ordinateurs les plus puissants du monde comme calculatrice pour les calculs numériques de base. Eh bien oui, il a la capacité de calculer des nombres, mais ce n’est qu’une des nombreuses choses dont il est capable. Et c’est ainsi avec votre cerveau. Et c’est ce que ces nouveaux enfants commenceront à démontrer.

Ces nouveaux enfants seront incroyablement réceptifs et en harmonie non seulement avec les pensées et les sentiments de ceux qui les entourent, mais aussi avec l’énergie du passé, du présent et de l’avenir. Les capacités psychiques de ces enfants dépasseront largement tout ce que vous avez vu auparavant. Beaucoup de ces enfants seront télépathiques. Ils seront capables d’envoyer et de recevoir les pensées des autres, proches ou lointains, la distance n’aura pas d’importance.

Il sera extrêmement important que ces dons soient cultivés par leurs parents et les personnes qui prennent soin d’eux. Bien que ces enfants naîtront avec ces dons et ces aptitudes, s’ils ne sont pas nourris et encouragés à développer ces aptitudes, celles-ci s’affaibliront avec le temps.

La composition chimique et génétique de ces enfants est physiquement différente de celle de n’importe quel autre être humain. Vous remarquerez que ces enfants sont incroyablement sensibles à la fois à leurs propres sentiments et aux autres. Ils n’apprendront pas de la même manière que les enfants avant eux. Les anciennes méthodes d’apprentissage leur sembleront ennuyeuses et elles perdront régulièrement leur intérêt. Beaucoup de nouveaux parents en sont témoins chez leurs propres enfants, mais ne savent pas trop quoi faire.

La mémorisation banale de faits aléatoires ne leur sera d’aucune utilité. Les enfants savent innément qu’ils doivent suivre leurs passions, leurs intérêts et conserver des faits banals ne les intéresse pas. Votre technologie a tellement évolué que vous pouvez maintenant “chercher” n’importe quelle question que vous avez et recevoir des réponses en quelques secondes sur Internet. Quel besoin ces enfants auront-ils vraiment pour mémoriser de tels faits? De nouvelles compétences seront exigées de ces enfants qui iront de l’avant dans un monde en constante évolution.

enfance douceurCes enfants ne répondront pas bien au stress que leur imposent les traditions désuètes; ce que nous entendons par là, c’est qu’ils ne prospéreront pas dans un environnement qui s’attend à ce qu’ils suivent les ordres qui leur sont donnés simplement parce que “c’est toujours comme ça”. Beaucoup de traditions continuent sans la nécessité qui a créé la tradition en premier lieu. Beaucoup continuent de les transmettre simplement parce que c’est ce qu’on leur a enseigné et qu’ils ne voient aucune raison de changer.

Ces enfants aideront à remplacer l’ancienne façon de faire les choses par de nouvelles façons bénéfiques pour tous. Beaucoup d’industries telles que votre profession médicale, les systèmes scolaires, l’industrie financière et la politique ont besoin de changements radicaux. Ces enfants vont tout remettre en question, car ils sont ici pour briser le moule et introduire une nouvelle façon de penser.

Vous avez commencé à voir les toutes premières étapes des changements dans la façon dont ces enfants apprennent avec les enfants qui ont été étiquetés comme TDA ou TDAH. La profession médicale dit que ces enfants ont un défaut qui ne leur permet pas de se concentrer, mais nous avons une perspective différente. Ces enfants n’ont pas de défaut, mais ils sont tout simplement incapables d’exprimer correctement les dons et les capacités uniques qui se trouvent en eux dans un système qui ne veut pas évoluer.

Ce n’est pas qu’ils ne peuvent pas se concentrer; ils choisissent tout simplement de ne pas se concentrer sur des méthodes d’apprentissage anciennes et désuètes. Nous recommandons que vous trouviez ce qui passionne ces enfants et que vous leur demandiez de s’étendre sur ce sujet, et beaucoup d’entre eux seraient étonnés de leur capacité à absorber une quantité incroyable d’informations sur le sujet.

Leurs esprits sont beaucoup plus capables que ce qu’on leur attribue; cependant, ils ne sont pas stimulés ou encouragés à utiliser leurs esprits d’une manière appropriée. Leur esprit fonctionne différemment de ce qui est considéré comme “normal”. De nombreux parents ont appris à craindre toute déviation de leur enfant par rapport à la progression normale du développement d’autres enfants, mais nous tenons à vous assurer que ce n’est rien à craindre, mais plutôt que nous vous demandons d’embrasser l’unicité de chaque enfant. La nouvelle norme sera simplement, il n’ y a pas de “norme”.

Ces nouveaux enfants ont besoin d’une éducation plus individualisée plutôt que d’une éducation façonnée pour que tous s’intègrent dans son moule. Vous verrez de plus en plus de ces nouveaux enfants qui n’auront pas de résonance avec les anciens systèmes et à mesure que leur nombre augmentera, ils forceront les systèmes éducatifs à grandir et à évoluer. De plus en plus, le domaine médical cherchera une étiquette à donner à ces enfants qui ne correspondent pas à la “norme”, mais il ne faudra pas longtemps avant que le système d’éducation se rend compte qu’il n’ y a rien de “mal” avec ces étudiants très brillants, ils n’apprennent tout simplement pas la façon dont les enfants ont l’habitude.

Tous les enfants ont soif de savoir, mais tous les enfants n’ont pas faim de la même connaissance. Bon nombre des systèmes éducatifs actuels sont axés sur la fusion d’un groupe diversifié d’enfants dans des moules très semblables, mais ces nouveaux enfants prospéreront dans des environnements qu’on les encouragera à développer leurs dons uniques et, ce faisant, ils s’épanouiront parmi la diversité.

Tous les enfants ne partageront pas le même ensemble de compétences et ne connaîtront pas tous le même développement. Tout comme vous avez tous vos dons et capacités uniques, ils le seront aussi. En fait, vous remarquerez de plus en plus que la “plage normale” de développement d’un enfant s’élargit considérablement, chaque enfant s’épanouissant à sa façon et à son rythme.

Cependant, nous voulons aborder seulement quelques-unes des habiletés que vous commencerez à voir se développer chez ces enfants. Certains enfants possèdent de fortes capacités psychiques, se remémorant des vies passées et ressentant l’invisible, tandis que d’autres possèdent d’énormes capacités de guérison. D’autres utiliseront leur incroyable créativité pour façonner et modeler le monde qui les entoure d’une manière qui vous étonnera. Certains vous émerveilleront par leur talent naturel à dessiner des images si vives dès leur plus jeune âge. Certains posséderont une capacité “super-naturelle” de manipuler les nombres dans leur esprit en quelques secondes seulement, tandis que d’autres seront capables de “voir” l’énergie qui existe tout autour de vous.

Nous ne disons pas qu’un seul enfant possédera tous ces talents… encore. Cependant, sachez que toutes ces capacités ont été mises en sommeil dans votre propre corps physique, bien que ces enfants naîtront avec ces capacités déjà activées. De bien des façons, ils montreront à ceux qui les entourent ce qui est possible, ils aideront beaucoup de gens à voir ce qui a toujours été juste devant eux. Il viendra un moment où toutes ces compétences ne seront plus considérées comme extraordinaires, mais deviendront plutôt ordinaires.

enfants maisonLes enfants des générations futures auront encore besoin d’être parents, ils auront besoin de vos conseils, de vos encouragements et de votre amour, quelle que soit la quantité d’information banale qui leur sera transmise. Les parents pourront concentrer leur attention sur d’autres expériences plus importantes, comme cultiver les intérêts individuels de l’enfant dès son plus jeune âge.

Vos jeunes enfants tiennent le gabarit de ce qui est inhérent à chaque être humain, car ils n’ont pas encore été conditionnés par vos sociétés. Vous remarquerez que ces enfants seront tous uniques en leur genre. Cependant, leur développement sera similaire en ce sens qu’ils n’apprennent pas de la même manière que les autres enfants avant eux. Ces enfants, à un très jeune âge, chercheront à présenter des points de vue qui embrasseront la différence plutôt que de la craindre; des perspectives qui tiendront compte de ce qui est le mieux pour la communauté plutôt que pour un individu en particulier.

Au fur et à mesure que ces enfants deviendront des adultes mûrs, ils hériteront de ce monde dans lequel vous vivez, et ils continueront à faire des changements pour s’assurer qu’avec chaque nouvelle génération, les humains continuent à évoluer vers un état de conscience plus élevé. Ces enfants ne sont que le début d’une toute nouvelle civilisation.

Nous espérons que ce message a servi d’une certaine manière à vous éclairer, car c’est toujours notre souhait de partager simplement notre point de vue sur la réalité que vous appelez “chez vous”.

Dans l’amour et la lumière, nous sommes vos Guides Angéliques

Les Guides Angéliques, canalisé par Taryn Crimi – Source : http://sananda.website

Conscience éveillée des Nouvelles Générations

 

Nous vivons une ère de profondes transformations planétaires. Des changements s’imposent dans tous les secteurs d’activités : l’économie, l’éducation, la santé, la politique, etc. La spiritualité n’y échappe pas. Le rythme des changements est de plus en plus rapide et nombreux sont ceux qui ont de la difficulté à intégrer cette évolution. De nouvelles énergies nous traversent, nous remuent, nous dépouillent et nous transforment.

Chaque nouvelle génération d’enfants a une conscience plus éveillée que la précédente et l’écart de l’une à l’autre augmente sans cesse. Le changement est omniprésent.

Ce n’est pas nous qui avons décidé de changer… nous y sommes contraints. Les systèmes personnels et collectifs jusqu’ici efficaces ne remplissent plus leurs fonctions. La nature de l’évolution étant d’ouvrir des voies insoupçonnées, une nouvelle aventure nous attend.

À l’image d’un jeune adulte qui éprouve la nécessité de quitter le foyer familial pour prendre son envol, un irrépressible besoin de mettre à jour notre façon de vivre notre spiritualité s’impose à nous. Ce n’est pas notre première mise à jour. Vous souvenez-vous qu’il y a quelques décennies la spiritualité se vivait essentiellement à l’intérieur des grandes religions ? Actuellement, nombreux sont ceux qui choisissent une spiritualité laïque.

oracle nouveau departAujourd’hui, le véritable défi que pose la spiritualité consiste à aller au-delà des enseignements des grandes traditions religieuses et spirituelles, non pas en les rejetant mais en continuant à les intégrer. Les maîtres des grandes traditions ont été de précieux guides – il nous incombe maintenant de prendre le relais en faisant preuve de courage et d’autonomie. S’affranchir des anciens paradigmes est essentiel pour ceux qui souhaitent s’exprimer de façon authentique.

Il fut un temps où les disciples suivaient un maître. Aujourd’hui chacun est appelé à devenir maître et disciple au cœur de sa vie. Être maître signifie se redresser intérieurement pour sentir sa verticalité. Être maître, c’est s’enraciner solidement et se relier à la Source pour accéder à la Vérité. La posture intérieure qui découle de l’enracinement et de la connexion permet d’initier des actions qui comblent les désirs de son cœur.

Être disciple signifie rester dans l’ouverture et être à l’écoute de ce qui se passe en soi. Être disciple impose de remettre en question ses idées, ses croyances et sa façon de fonctionner. Enfin, être disciple demande de s’incliner intérieurement et d’accepter la réalité telle qu’est est.

Il n’ y a pas de retour en arrière possible. Nous devons maintenant nous employer à créer notre vie, et particulièrement notre spiritualité, de façon audacieuse et inédite. Nous sommes invités à prendre des risques et oser faire ce que personne n’a jamais fait. C’est en nous reliant à nos aspirations profondes et en assumant nos désirs et nos limites que nous pourrons exhaler le parfum unique de notre âme.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Il s’agit maintenant de vivre en tenant compte de tout ce que nous sommes. Inutiles d’essayer d’atteindre des états que d’autres ont vécus. Ces tentatives relevant plus de la fuite que de la réalisation ne procurent que peu de satisfaction.

Vivre sa vie avec la conscience de sa propre réalité ouvre sur un vécu satisfaisant et gratifiant. Concrètement, nous pouvons créer des relations basées sur des rapports égalitaires plutôt que hiérarchiques, revisiter notre façon de consommer ainsi que notre rapport à l’argent et à la sexualité. Certes, nous tâtonnerons durant un moment, mais nous trouverons des façons d’être et de faire en conformité avec notre réalité actuelle.

Être conscients que nous sommes Source nous installe au cœur du champ infini des possibilités. En tant qu’humain nous sommes son passage et son instrument. Lorsque nous nous sommes libérés de nos plus grandes peurs, que nous avons transformé nos croyances limitantes, lorsque notre regard est lucide et que notre cœur est ouvert, nous pouvons jouer le jeu de la vie avec légèreté et créativité.

L’Homme nouveau

L’Homme nouveau se situe au carrefour de quatre grands axes : le yin et le yang (gauche et droite), le ciel et la terre (haut et bas).

Le yin exprime l’ouverture, l’accueil, la créativité et la perception. Le yang fait référence à l’action, la droiture, la direction, l’expression. Le ciel représente la Lumière, la Source, la Conscience et l’Intemporel. La terre symbolise notre condition humaine, nos émotions, nos croyances, tout ce qui se transforme en nous.

Lorsque ces quatre aspects fondamentaux de notre expression atteignent un certain niveau de maturité et d’équilibre, alors apparaît l’Homme nouveau. Nous le reconnaissons à son originalité et sa force intérieure. Il dégage un parfum unique. Ne cherchant à convaincre personne, il assume ce qu’il est avec confiance, authenticité et ouverture.

Il y a une lumière qui ne peut jamais s’éteindre, c’est Soi.

Que la magie du temps des fêtes fasse sourire votre cœur et briller vos yeux !

Claudette VIDAL du site https://eveilspirituel.net/

La maltraitance de l’enfant et la notion de pardon à l’âge adulte selon le travail d’Alice Miller

 

 

Voici un extrait concernant la maltraitance de l’enfant et la notion de pardon selon Alice Miller pris de son site que vous pouvez consulter en cliquant sur le lien suivant : http://alice-miller.com/index_fr.php

 

aliceLe point de départ du travail d’Alice Miller est la découverte du « 4ème commandement » et surtout de ses effets nocifs. Ce 4ème commandement nous exhorte à respecter et à honorer nos parents, et donc de ne pas les accuser, de les considérer comme innocents et d’accuser l’enfant, mais l’aspect nocif et dévastateur de cette injonction morale que l’on retrouve partout dans la société, même chez les psys ou dans la religion catholique qui prône le pardon envers ceux qui nous ont offensés est passé inaperçu car cela aurait conduit à accuser les parents de ce qu’ils ont fait subir à l’enfant. Il est donc nécessaire pour l’enfant pour survivre de “s’aveugler” pour montrer aux parents son “respect” envers eux et ne pas les “trahir”, mais l’enfant doit donc pour cela se trahir lui même, ce qui n’est pas sans conséquences.

Car Alice Miller nous dit que le pardon et ces injonctions morales ne servent qu’à masquer la réalité, car notre corps ne se laisse pas leurrer, il connait nos véritables sentiments et les sentiments ne s’éprouvent pas sur commande, une injonction morale ne peut faire naître un sentiment que l’on n’éprouve pas. Ce commandement nous pousse donc à nous trahir nous même, ce qui conduit inévitablement à des souffrances.

Ce 4ème commandement nous demande de pardonner à nos parents et nous interdit de voir ce qu’ils font subir à l’enfant « pour son bien », mais cette aveuglement à un prix qui se paye par des souffrances à l’âge adulte. Cette morale traditionnelle est dangereuse car elle nous force à réprimer nos sentiments qui permettent l’accès à qui nous sommes vraiment. L’ordre derrière ce commandement est « Tu ne t’apercevras de rien », car pour ne pas accuser nos parents, nous devons nous interdire de nous apercevoir de ce qu’ils font subir à l’enfant.

Dans une interview sur son site officiel, « La cruauté s’apprend dans l’enfance » , elle nous dit au sujet du 4ème commandement:

« Vous avez établi que le respect du quatrième commandement (“tu honoreras ton père et ta mère”) par l’enfant nuit à une vie émotionnelle saine. Voilà qui doit choquer bien des gens. Comment avez-vous découvert que cette “injonction solennelle” n’a en fait pas d’autre fonction que la manipulation et l’asservissement de l’enfant ?

Ce n’est pas à l’enfant que le quatrième commandement nuit, mais plus tard à l’adulte. Tous les enfants aiment leurs parents et n’ont nul besoin d’un commandement pour leur dire de le faire. Mais quand nous devenons adultes et que nous réalisons que notre amour a été exploité et qu’on a abusé de nous, nous devrions être capables de percevoir nos sentiments véritables, y compris la rage, et rien ne devrait nous obliger à continuer à aimer des parents qui ont été cruels envers nous. La plupart des gens ont peur de ces sentiments “négatifs” à l’égard de leurs parents, c’est pourquoi ils se défoulent sur leurs enfants et perpétuent de cette façon le cycle de la violence. C’est là que je situe les effets destructeurs du quatrième commandement. Et comme il n’existe toujours pas de commandement ni de loi qui interdirait aux parents de décharger leur colère sur leur progéniture, rien ne s’oppose à ce que le comportement parental le plus brutal continue de porter le nom d’”éducation”.

Vous allez jusqu’à affirmer que le quatrième commandement est la cause de maladies physiques. Comment en arrivez-vous là ? En a-t-il été ainsi pour vous personnellement ?

C’est la répression des sentiments authentiques qui nous rend malades. Nous les réprimons par peur. La peur inconsciente que ressent l’enfant confronté à des parents violents peut nous accompagner toute notre vie si nous en restons au stade du déni pour refuser de nous confronter à elle.

Nous considérons comme une évidence que les parents “aiment” leurs enfants. Malheureusement, ce n’est bien souvent rien de plus qu’un mythe. Peut-on parler d’amour parental si les parents ne “corrigent” leurs enfants qu’occasionnellement ?

Comme parents nous devrions savoir que toute forme de violence éducative, aussi bien intentionnée soit-elle, tue l’amour. »

Cette morale traditionnelle et répandue nous empêche d’avoir accès à nos véritables sentiments que le corps connait, le corps ne peut accepter ces mensonges qui nous rendent malades et tente de nous montrer notre propre vérité.

Elle explique que notre corps connait la vérité et que les injonctions morales ne servent à rien si l’on ne connait pas la vérité sur notre enfance, si l’on a pas l’expérience de tels sentiments dans notre propre enfance. En d’autres termes, prêcher l’amour de notre prochain ne sert à rien si nous n’avons pas été aimés, les sentiments ne peuvent naitre sur commande. Elle nous explique aussi que ces injonctions morales ne servent à rien, car tout enfant aimé, respecté, respectera ses parents, elle nous l’explique dans cette même interview.

« A votre avis, comment naissent la morale et l’éthique ? Pourquoi quelqu’un devient-il (im)moral ?

Un individu n’accède jamais à la morale grâce aux sermons qu’on peut lui faire, il acquiert des valeurs éthiques uniquement par le biais de l’expérience. Personne ne vient au monde méchant. Il est ridicule de penser, comme on le pensait au Moyen Age, que le diable enverrait un enfant méchant dans une famille, qui aurait à le corriger en le frappant, pour qu’il puisse devenir une personne comme il faut. Un enfant maltraité deviendra plus tard à son tour un tourmenteur et très certainement aussi un parent cruel, à moins qu’il n’ait trouvé dans son enfance un témoin secourable, une personne auprès de laquelle il pouvait se sentir en sécurité, aimé, protégé, respecté, une expérience qui lui aurait donné une idée de ce que peut être l’amour. Un enfant qui a vécu cela ne deviendra pas un tyran, il (ou elle) sera capable de respecter les autres et d’être en empathie avec eux. Il est très significatif que dans l’enfance de tous les dictateurs que j’ai étudié, je n’aie pas trouvé ne serait-ce qu’un seul témoin secourable. Il ne resta plus alors à l’enfant qu’à magnifier la violence qu’il avait eu à subir.

L’éducation religieuse nous apprend à pardonner à nos tourmenteurs. Devrions-nous vraiment leur pardonner ? Est-ce réellement possible ?

On peut comprendre que nous voulions pardonner et oublier pour ne pas avoir à ressentir la douleur, mais c’est une voie sans issue. Il apparaît tôt ou tard que ça n’est absolument pas une solution. Prenons le cas des nombreux auteurs d’abus sexuels recensés parmi les ecclésiastiques. Ils ont pardonné à leurs parents les abus dont ceux-ci se sont rendus coupables à leur égard, que ce soit sur le plan sexuel ou qu’il s’agisse d’autres types d’abus de pouvoir. Mais que font alors beaucoup d’entre eux ? Ils répètent les “péchés “de leurs parents, justement PARCE QU’ils leur ont pardonné. Si ils étaient capables de condamner en toute conscience les actes de leurs parents, ils ne seraient pas contraints de les reproduire, de harceler et de troubler profondément des enfants en les forçant à garder le silence, comme si ce qui s’était produit était la chose la plus naturelle qui soit, et non pas un crime. C’est tout simplement eux-mêmes qu’ils trompent. Les religions peuvent exercer un pouvoir énorme sur nos esprits et nous pousser de bien des façons à nous tromper nous-mêmes. Mais elles n’ont pas la moindre influence sur notre corps, qui connaît parfaitement nos émotions vraies, et qui insiste pour que nous les respections. »

Alice Miller dénonce donc aussi la morale traditionnelle du Pardon encouragée par la tradition religieuse qui ne tient pas compte du corps qui ne se laisse pas leurrer par une telle morale, en contradiction avec ce qui s’est réellement passé, les injonctions morales n’ont pas de poids face aux faits, et à leur conséquences. Ces “moralités” nous empêchent de reconnaitre la cruauté de nos parents pour ce qu’elle est, pardonner revient à minimiser ce que nous avons subis.

Avoir accès à ces véritables sentiments est le seul moyen de connaitre notre vérité et de guérir de nos souffrances, ce qu’empêche la morale traditionelle et les injonctions comme le Pardon, qui veulent se substituer à nos véritables sentiments. C’est comme de faire passer du poison pour de l’eau et d’expliquer qu’il suffit de croire que ce n’est pas du poison pour éviter les effets nocifs du poison…

Extrait de l’article d’Alice Miller “Le corps et la morale” :

“Les personnes qui ont été aimée sans condition dans leur enfance n’ont pas à se forcer, une fois devenues adultes, pour donner à leurs parents cette même affection qu’ils ont jadis reçue. Par contre, les personnes qui ont été maltraitées et trahies en tant qu’enfant développent une haine latente, s’en prennent à leurs enfants et propagent l’opinion selon laquelle les fessées sont nécessaires et sans danger. Ils répandent ces opinions sans hésiter, bien que le contraire ait été démontré depuis longtemps. Ils font cela parce que le Quatrième Commandement leur impose de dénier les dommages qui leur ont été fait, les dommages causés à leur cerveau et à leur capacité innée à ressentir de la compassion. Malheureusement, sans cette compassion, ils sont capables de fesser leurs enfants sans pour autant ressentir leurs souffrances, et ils acceptent leur propre mutilation sans se plaindre, de sorte qu’ils puissent ” honorer leurs parents “. Ils obéissent aux commandements de leurs parents du fait d’un sentiment de respect qui découle surtout de leur attente que leurs mères et pères deviennent enfin ces parents que l’enfant attendait. En conséquence, la loyauté infantile de l’adulte associée à un discours moraliste (” J’ai mérité ces châtiments “, ” Tous les parents font parfois des erreurs “) conduit souvent à l’hypocrisie et à la violence envers des personnes innocentes. Qu’obtenons-nous en obéissant au Quatrième Commandement ? Un commandement est-il susceptible d’engendrer une compassion véritable ? Pouvons-nous dicter un sentiment d’amour à un être humain dont le corps a enregistré la violence au lieu de l’amour au cours des premières années, cruciales, de sa vie ? Nous savons qu’une telle personne réprime ses sentiments véritables au profit de la morale, ce qui souvent engendre des affections comme le cancer ou les maladies cardio-vasculaires. En effet, nous ne pouvons nous débarrasser, une fois pour toutes, de cette haine réprimée que nous retournons souvent contre nous-mêmes, bien que nous tentions de le faire en faisant usage de la morale. C’est pourquoi il est rare que quelqu’un ait le courage de dire clairement et honnêtement : ” Je n’ai jamais reçu d’amour de ma mère et donc je ne ressens pas d’amour pour elle. En vérité, elle est une étrangère pour moi. Elle est seule et aurait peut-être besoin d’un fils aimant, mais je ne veux pas mentir pour lui donner cette illusion. Je lui dois, ainsi qu’à moi-même, la vérité que je ne peux ressentir un sentiment d’amour véritable pour elle en tant qu’adulte, parce que j’ai tellement souffert de son aveuglement en tant qu’enfant. ” Une personne osant dire cela ne mettra plus ses enfants en danger et n’aura vraisemblablement plus à craindre de maladies graves, parce qu’elle est en mesure de comprendre les messages de son corps avant qu’il ne soit trop tard.”

Le Pardon dans le domaine des thérapies est aussi dénoncé par Alice Miller, car l’on croit que c’est de ne pas pardonner aux parents, de ne pas leur obéir qui rend malade alors que c’est précisément le contraire, comme elle nous l’explique dans l’article “A Propos du Pardon ” :

“Chez les survivants de pareilles tortures, qui ont abouti à un refoulement total, l’enfant martyrisé continue cependant à vivre: dans les ténèbres de l’angoisse, de la répression, de la menace. Lorsque toutes les tentatives pour amener l’adulte à écouter son histoire ont échoué, il essaie de se faire entendre par le langage des symptômes, à travers la toxicomanie, la psychose, la délinquance. Cet enfant, devenu à son tour adulte, se prend à soupçonner l’origine de ses souffrances, et demande à des spécialistes si elles ne pourraient pas être en relation avec l’enfance; on lui assure dans la plupart des cas qu’il n’en est rien. Ou, si l’on confirme son intuition, on lui explique qu’il doit apprendre à pardonner, que c’est son attitude rancunière qui le rend malade. Dans ces groupes fort connus où l’on propose une thérapie aux personnes en état de dépendance et à leurs proches, le mot d’ordre est toujours : Tu ne pourras guérir que quand tu auras pardonné à tes parents tout ce qu’ils t’ont fait. Même s’ils étaient tous les deux alcooliques, s’ils ont abusé de toi, t’ont battu, plongé dans un total désarroi, soumis à des exigences au-dessus de tes forces, exploité – tu dois tout leur pardonner, sinon tu ne pourras pas guérir. De nombreux programmes, baptisés thérapeutiques, ont pour principe d’apprendre dans un premier temps à exprimer ses sentiments et, simultanément, à tenter de voir ce que l’on a vécu dans son enfance. Mais, ensuite, il faut s’astreindre au ” travail du pardon “, prétendument nécessaire à la guérison.”

 

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“La ” thérapie ” qui prêche le pardon dévoile par là sa position éducatrice. Et cela révèle également l’impuissance des prêcheurs de pardon, qui se baptisent étrangement thérapeutes mais devraient, ce serait plus exact, se désigner du nom de prêtres. Le résultat est, au bout du compte, la perpétuation de l’aveuglement acquis dans l’enfance, qu’une véritable thérapie aurait pu dissiper. Le patient ne cesse de s’entendre dire, jusqu’à ce qu’il le croie – et le thérapeute est alors tranquillisé: ”

Ta haine te rend malade ; pour guérir, tu dois pardonner et oublier. ” Or ce n’est pas la haine, mais justement cette morale si instamment conseillée qui a, dans son enfance, plongé le patient dans ce désespoir muet et l’a finalement rendu malade, en le coupant de ses sentiments et de ses besoins. L’exhortation au pardon n’a rien à voir avec une thérapie efficace ni avec la vie. Et elle a barré à nombre de personnes cherchant de l’aide le chemin de la délivrance. Les thérapeutes sont sous l’emprise de leur propre peur, la peur de l’enfant maltraité qui redoute la vengeance de ses parents, et se laissent guider par l’espoir que, malgré tout, une bonne conduite vous permettra un jour ou l’autre d’acheter l’amour de vos parents.

Cet espoir illusoire des thérapeutes, les patients le paient d’un prix élevé: recevant, en guise de ” thérapie “, des informations fausses, ils ne peuvent trouver le chemin de la délivrance. En me refusant à pardonner, je renonce à toutes les illusions. Certes, un enfant maltraité ne peut pas survivre sans ses illusions – mais un thérapeute adulte doit s’en montrer capable. Dès lors, son patient pourra se dire: ” Pourquoi devrais je pardonner, si personne ne me le demande ? Mes parents se refusent bien à savoir, à comprendre ce qu’ils m’ont infligé. Pourquoi donc devrais-je continuer à m’efforcer, par exemple à l’aide de la psychanalyse ou de l’analyse transactionnelle, de comprendre mes parents et leur enfance, et de leur pardonner ? A quoi cela peut-il servir ? Qui en sera aidé ? Cela n’aide pas mes parents à voir la vérité, et moi, cela m’empêche de vivre les sentiments qui m’ouvriraient l’accès à la vérité. Sous la cloche de verre du pardon, les sentiments n’ont ni le droit ni la possibilité de s’exprimer librement. ” Semblables réflexions ne sont hélas pas d’usage dans les milieux thérapeutiques, où le pardon a force de loi.

La seule concession que l’on fait est d’établir une distinction entre vrai et faux pardon. Mais le prétendu vrai ” pardon “, reste en tout cas considéré comme l’objectif thérapeutique, et n’est jamais remis en question. J’ai demandé à beaucoup de thérapeutes pourquoi ils estiment le pardon nécessaire à la guérison, mais n’ai jamais reçu de réponse. Selon toutes apparences, ils n’avaient jamais encore remis en question cet impératif qu’ils jugeaient comme allant de soi, au même titre que les mauvais traitements connus dans leur enfance. Je ne puis m’imaginer qu’une société qui ne maltraite pas ses enfants, mais au contraire les respecte et les protège avec amour, développerait l’idéologie du pardon d’inconcevables cruautés. Cette idéologie est indissolublement liée au commandement: ” Tu ne te rendras compte de rien ” , ainsi qu’à la répétition de la maltraitance à la génération suivante, qui paie le prix fort pour le pardon auquel ont été astreints ses parents. La peur de la vengeance des parents imprègne notre ” morale “.”

Nombre de thérapeutes et de thérapies sont donc encore prisonniers de telles conceptions moralisatrices et dangereuses. Alice Miller propose même sur son site une « FAQ » (Comment trouver le/la thérapeute qui me conviendra ? ) pour aider à trouver un thérapeute qui soit vraiment une aide, libéré des préceptes moraux traditionnels de l’éducation, ce qui tranche avec l’opinion répandue que la plupart des psys sont compétents, elle nous dit le contraire, que seulement une minorités sont compétants et peuvent vraiment aider leurs patients, car peu d’entre eux ont osés remettre en question leurs propre éducation, leurs propres parents.

Articles pris du site de Alice Miller : http://alice-miller.com/index_fr.php

 

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