Les Enfants diagnostiqués

 

Le Petit Robert mentionne « des altérations plus ou moins graves de la santé psychique qui entraînent des troubles du comportement« .

L’étude et le traitement  des troubles psychiques  relèvent de la psychiatrie.

apprendreLes facteurs peuvent être génétiques, physiques, psychologiques ou environnementaux ; des vulnérabilités génétiques peuvent être liées à des événements stressants vécus par des personnes anxieuses, dépressives, suicidaires ou en perte de contact avec le réel. Des études indiquent que les gènes joueraient souvent un rôle important dans le développement des troubles mentaux.

Les troubles psychiques sont d’une grande diversité. Ils englobent les psychoses (schizophrénie, troubles bipolaires), les dépressions résistantes, les troubles anxieux, les troubles de la personnalité, les troubles obsessionnels compulsifs (T.O.C.), les troubles des conduites alimentaires (anorexie, boulimie) et les addictions. Ces troubles perturbent le fonctionnement psychique créant un désordre plus ou moins important.

Ils apparaissent sous différentes formes et à des âges différents. C’est majoritairement vers l’adolescence (15-20 ans) que surviennent ces troubles et généralement de manière aiguë (en moins de deux semaines) et parfois vers 20-30 ans au moment de l’entrée dans la vie active. La manifestation des troubles peut être également progressive avec apparition de modifications comportementales (isolement, changements d’attitudes, propos incohérents, perte d’intérêt pour les activités habituelles, …).

La survenue de ces troubles peut être brutale, c’est notamment le cas pour la schizophrénie.

Deux classifications font autorité en la matière pour ces pathologies : La Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, 10e révision (CIM-10), publiée par l’OMS  (Organisation Mondiale de la Santé) et celle de l’Association Américaine de Psychiatrie qui, dans son manuel de classification DSM-5 (2013) : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (Manuel de Diagnostiques et Statistiques des Troubles Mentaux), réactualise en permanence la nomenclature des troubles mentaux.

Toutes deux font une nette distinction entre le handicap psychique, conséquence d’une maladie psychique qui « altère l’homme dans son psychisme et son humanité »  et le handicap mental en rapport avec une déficience innée,  intellectuelle ou génétique comme la trisomie. Elles proposent une description clinique de syndromes (ensemble de symptômes) mais ne tiennent pas compte de l’origine des symptômes, ni de la personnalité qui les accompagne.

On s’intéresse aujourd’hui aux facteurs de risques qui leur sont associés (risque suicidaire nettement majoré, risque addictif, risque métabolique) et à la forte diminution de la qualité et de l’espérance de vie dont ils sont responsables. Dès 2002, l’OMS précisait que les troubles psychiques figuraient au 2e rang mondial des handicaps qui pénalisent gravement la vie des malades. A elle seule, la dépression se maintient au 3e rang des pathologies au niveau mondial.

Selon l’INSERM, un  adolescent sur huit est concerné par un problème psychotique (schizophrénie ou bipolarité) la maladie se déclarant habituellement à la fin de l’adolescence ou chez le jeune adulte de moins de 30 ans. Les troubles psychiques (dépression  comprise) constituent la première cause de décès avant l’âge de 30 ans.

Les experts réunis au Conseil Economique Social et Environnemental le 12 juin 2014 en colloque intitulé Prévention en psychiatrie : les clés de l’efficacité ont rappelé qu’un Français sur cinq est ou sera concerné par un trouble psychique au cours de son existence de façon transitoire ou permanente.

Les troubles psychiques font peur et continuent à alimenter un certain nombre de croyances contribuant à la discrimination des malades. Selon le sondage mené par Ipsos Klesia présenté et commenté à l’occasion de ce colloque, 53 % des personnes interrogées déclarent avoir un malade psychique dans leur entourage tout en restant réservées sur ses capacités d’intégration dans la société. Trois Français sur quatre estiment que ces troubles représentent un danger pour le sujet lui-même et pour l’entourage. La méconnaissance de ces pathologies est telle que plus de la moitié de la population pense que ces malades ont besoin d’être assistés au quotidien.

1 ronde

Les types de thérapie :

Selon la définition du Larousse : la psychothérapie est « toute utilisation de moyens psychologiques pour traiter une maladie mentale, une inadaptation ou un trouble psychosomatique. » Les psychothérapies, quelles qu’elles soient, consistent à tenter d’améliorer les symptômes et la qualité de vie du patient en recourant pour la plupart uniquement à la parole.

Aucune psychothérapie ne donne des clés ou des solutions universelles. En revanche, le thérapeute aide le patient à trouver les solutions qui lui sont propres, grâce à des méthodes spécifiques à chaque type de thérapie.

La psychothérapie s’adresse à des personnes de tout âge, mais aussi aux couples et aux  familles. Elle peut aider toute personne ayant une souffrance psychique exprimée par différents symptômes (angoisse, phobies, obsessions, dépression, idées suicidaires, perte de confiance en soi, difficultés relationnelles, troubles alimentaires, sexuels ou du sommeil, …).

La psychanalyse est un investissement à long terme et permet d’aller au fond des choses. La thérapie se déroule sur plusieurs années, à raison de plusieurs séances par semaine.

Quatre principales approches sont généralement reconnues : les approches cognitivo-comportementale, dynamique-analytique (psychanalytique), humaniste ou existentielle et systémique ou interactionnelle.

L’approche cognitivo-comportementale :

Elle vise à aider la personne à mieux s’adapter à la vie quotidienne et à faire disparaître son symptôme. Il s’agit d’exposer progressivement la personne aux situations sources d’angoisse, après les avoir affrontées en imagination (désensibilisation).

Cette approche est indiquée par exemple dans le traitement des phobies, des attaques de panique, des troubles obsessionnels compulsifs, de l’anxiété, du stress, des addictions,…
La durée de la thérapie est d’environ vingt séances de trente à quarante minutes, pendant six mois à un an.

L’approche dynamique-analytique :

La psychanalyse est toujours individuelle et s’appuie sur la « méthode du divan ». Le sujet va s’évertuer à retracer son parcours depuis l’enfance et y rechercher les causes enfouies de ses difficultés actuelles.

Le psychanalyste propose des interprétations qui constituent en fait des pistes de réflexion visant à donner un sens à ce que vit le patient.

L’objectif thérapeutique est de ramener vers la conscience les conflits jusqu’à présent inconscients. La personne pourra alors comprendre pourquoi elle se sent et agit d’une certaine façon et retrouvera un pouvoir d’agir sur sa situation.

L’approche humaniste ou existentielle :

Cette approche repose sur le postulat que l’être humain a tendance à se développer de façon positive lorsqu’il est dans des conditions de confiance et de respect. La thérapie mise sur la capacité de la personne à comprendre ses difficultés, à trouver ses propres solutions et à apporter les changements adaptés. La relation thérapeute-client vise à faciliter l’exploration de soi et l’expérimentation.

La relation thérapeutique est égalitaire et non directive. La psychothérapie non-directive de Carl Rogers et la Gestalt-thérapie de Fritz Perls sont des exemples de cette approche. Les psychothérapies humanistes durent en moyenne une à trois années.

1 enfant zen

L’approche systémique ou interactionnelle :

L’approche systémique se distingue des autres par sa façon d’appréhender l’individu. En effet, cette approche ne voit pas la personne uniquement dans son individualité, mais dans les relations qu’elle a avec les autres.

Effectivement, la personne est influencée par son environnement (famille, vie professionnelle, loisirs, réseau social, société). Le point d’intérêt de cette approche est donc l’influence de l’environnement dans le développement d’une problématique.

La thérapie familiale permet de dépasser la crise : le symptôme de l’enfant ou de l’adolescent en difficulté dans une famille est généralement le point de départ de la thérapie. Le but est de comprendre à quoi « sert » ce symptôme, pour amener la famille tout entière vers une lecture différente du problème et vers d’autres solutions.

Elle va permettre  aux membres d’une famille  d’évoluer vers un fonctionnement  plus souple qui ne met pas le système familial en danger, mais autorise les évolutions individuelles et la réalisation de nouveaux équilibres, en fonction des évènements de la vie du groupe. La durée de la séance varie d’une heure à une heure et demie, en présence des membres de la famille (la famille nucléaire le plus souvent), à raison d’une séance mensuelle avec un ou deux  thérapeutes, jusqu’à la résolution du problème.

Boris Cyrulnik, Neuropsychiatre, éthologue et directeur d’enseignement à l’Université de Toulon.

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de citer le site de Francesca : https://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com/

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