Ce que savent les enfants mieux que nous-mêmes

 

Il arrive que les enfants comprennent mieux ce genre de chose que les adultes. Une jeune guide du nom de Karyl Carter a rédigé un rapport qui le démontre de façon éclatante :

« Un castor nageant, plongeant et éclaboussant des jeunes guides par ses sauts périlleux —voilà ce que vous pouviez voir au camp Sacajawea, à Nefield, dans le New Jersey, cet été.

EMPATHIE

Les guides du Holy Shores Girl Scout Council prenaient des leçons de canotage sur le lac Sacy quand une grosse souche s’est mise à bouger et à faire des prouesses dans l’eau. En entendant des rires, mais aussi des cris et des hurlements, le chef de la flotte est revenu vers les filles et a constaté que la souche était en réalité un castor. Il a crié à ceux qui étaient restés sur la berge : 

‘Allez chercher les autres… ils n’ont jamais rien vu de pareil.’ En moins de temps qu’il faut pour le dire, tous les campeurs se sont alignés en bordure du lac, appréciant le spectacle offert si généreusement par le plus talentueux mais aussi le plus étrange des nageurs. 

Le chef de la flotte, très prudent mais aussi excité, nous a dit de continuer à ramer  sans cajolerie castor, mais en savourant chaque minute de ce que nous voyions. Entre-temps, l’un des campeurs a couru au bureau du camp et a appelé Hope Buyukmihci, naturaliste et femme écrivain vivant dans une réserve faunique, à cinq kilomètres de là : ‘Vous manque-t-il un castor… un castor très amical ?’ Eh oui ! Le castor s’appelait Chopper. 

Mme Buyukmihci s’occupait de l’orphelin depuis qu’il était tout petit. Il avait maintenant près d’un an et s’habituait peu à peu à la vie sauvage. 

Quelques minutes plus tard, Hope arrivait au camp pour ramener le castor chez elle. Le lendemain, Chopper était de retour, amusant les campeurs avec ses acrobaties aquatiques.

« Peut-être construit-il un barrage. Peut-être qu’il se prépare à élever une famille », se disaient certains des admirateurs du castor. 

Ces perspectives nous excitaient tous. Lorsque nous avons mis Hope au courant des élucubrations du castor, elle a répondu qu’il pouvait rester chez nous et qu’elle s’estimait heureuse que l’animal ait trouvé sa destinée. Tous les jours, les membres du personnel du camp la tenaient au courant des faits et gestes du castor. ‘Il peut essayer de monter dans vos embarcations, nous dit-elle un jour, mais ce n’est que pour jouer. Il en ressortira tout de suite. Si vous êtes dans l’eau, il nagera avec vous ou essayera de lutter avec vous !’ 

Pendant les trois jours suivants, campeuses, cheftaines et membres du personnel ont observé, cajolé, nourri le castor et se sont réjouis de sa présence. Les guides ont aussi acquis certaines connaissances sur l’aspect, l’alimentation, les habitudes et les humeurs d’un castor vivant entouré d’êtres humains. 

Sous le signe du castor, l’atmosphère du camp a complètement changé. Nous étions tous et toutes conscients qu’un être vivant et amical habitait les bois et le lac. 

castor

Un après-midi, le chef du camp a décidé de photographier le castor. Il a donc nagé dans une zone marécageuse à proximité du camp Comanche. Fervent ami des bêtes, il n’a pas hésité à mettre le pied dans le marécage. Les clic-clic avaient à peine commencé que le castor l’a saisi à la jambe, mais uniquement par jeu. Le lendemain était un jour très mouvementé, le camp fermait et se vidait peu à peu. Ce n’est que le samedi suivant, dans l’après-midi, que les rares membres du personnel qui restaient ont décidé d’aller au lac faire leurs adieux au castor. En approchant de la berge, nous avons vu d’autres admirateurs du castor sur le quai. Ils criaient à tue-tête : Venez vite ! Courant à toutes jambes, nous sommes arrivés sur les lieux pour voir Chopper étendu sur le quai, mort. 

Ces gens, dont la plupart étaient de jeunes campeurs, venaient juste d’être témoins d’un drame : Un pêcheur inconnu avait battu le pauvre castor à mort. 

Il semble que le castor dérangeait ce pêcheur non autorisé. En s’éloignant, il a crié : ‘Cette chose essayait de monter dans mon canot, alors je l’ai frappée avec ma canne à pêche. Puis, elle s’est mise à me menacer; j’ai dû la frapper de ma rame. 

Nous avons enveloppé Chopper d’une serviette de plage… et nous avons pleuré. » 

1 Compassion

Extrait du livre : Se nourrir sans faire Souffrir

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site  de Francesca https ://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com/

 

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