Un nouvel intérêt pour le Placenta

 

Depuis plusieurs années, le placenta suscite à nouveau l’intérêt pharmacologique pour les découvertes associées aux cellules souches placentaires. Ces cellules se trouvent en abondance dans le placenta et le cordon ombilical. La fonction de ces cellules, dites hématopoïétiques, est de produire durant toute la vie des cellules sanguines. Habituellement, celles-ci se trouvent dans la moelle osseuse du crâne et les os du tronc.

Les cellules souches sont d’une grande utilité pour les traitements des patients atteints de leucémie ou autres maladies graves du système sanguin.

Les cellules souches placentaires représentent de nombreux avantages comparées aux cellules souches extraites de la moelle osseuse. En effet, les premières sont tolérées plus facilement par le receveur car elles sont encore immatures. Ces cellules ont également une capacité de prolifération supérieure aux autres cellules souches. De plus, le prélèvement est aisé car il s’agit simplement de faire une prise de sang au niveau du cordon. Cette pratique demande, évidemment, un clampage précoce du cordon ombilical à la naissance de l’enfant.

D’autres utilisations, plus marginales, sont possibles avec le placenta. Aujourd’hui, on constate une tendance tournée vers des remèdes plus naturels et les labels « bio » ont la cote. Même si ce procédé reste très rare, certains couples choisissent de fabriquer de l’homéopathie à base de placenta. En effet, l’isothérapie placentaire aurait de nombreuses vertus pour soigner les petits maux comme le rhume, la toux, la fièvre, etc. Cette pratique est autorisée en Suisse mais interdite dans certains pays comme la France.

enfant en paixUn autre rituel marginal qui émerge doucement est l’empreinte placentaire. Après l’expulsion du placenta et une fois que l’équipe soignante a contrôlé que celui-ci est complet, il est possible de procéder à l’empreinte de la délivre. Cette empreinte se fera sur le côté foetal du placenta avec le cordon. Il suffit de déposer une feuille sur cet organe et laisser le sang imbiber les fibres de papier. Le résultat ressemble fortement à un arbre que les adeptes comparent à l’arbre de vie de l’enfant.

Certaines familles, à l’instar de ce qui se faisait il y a quelques dizaines d’années, demandent à récupérer le placenta afin d’organiser un rituel d’ensevelissement avec, parfois, la plantation d’un arbre à l’endroit choisi.

Bien que ces trois derniers rituels soient encore très marginaux, l’intérêt des parents pour le placenta grandit chez une petite minorité de familles. Souvent, les couples qui s’y intéressent et préparent une naissance plus naturelle, dite physiologique et ailleurs qu’à l’hôpital, seront également plus ouverts et motivés à organiser un rituel autour du placenta. Rappelons toutefois que moins de 5% des naissances en Suisse se font hors milieu hospitalier.

Des rituels autour du placenta sont célébrés partout dans le monde. Certains rejoignent ce qui se faisait en Europe au cours du siècle précédent. Ainsi, on retrouve des rituels autour des 4 éléments, comme l’ensevelissement qui à trait à la terre, le feu par le fait de le brûler, l’eau et, plus rarement, l’air.

En Indonésie, le placenta est considéré comme le petit frère du bébé. Il doit ainsi être enterré dans le jardin familial pour protéger l’enfant. C’est au père que revient l’accomplissement de cet acte. Si le rituel est bâclé, la maladie menace la mère et son bébé.

Dans un autre pays d’Asie, en Malaisie, la croyance est que la délivre peut rendre le bébé de mauvaise humeur ou même malade. Le placenta est nettoyé, puis placé dans un tissu et recouvert d’épices. Ensuite, il sera enterré devant l’entrée de la maison de l’enfant. A ce petit paquet sont ajoutés une aiguille, un crayon et un texte pour que l’enfant soit cultivé et manuel.

Le peuple Hmong enterre le placenta à l’intérieur de la maison où a eu lieu la naissance. La délivre est perçue comme la connexion entre le monde des vivants et le monde des esprits. Quand une personne meurt, son âme retourne au placenta qui lui permet d’accéder au monde des esprits.

Dans beaucoup de pays africains, le rituel consiste également à enterrer le placenta. Considéré comme le jumeau immortel de l’enfant, son double, il bénéficie d’une attention particulière. Souvent enterré près de la maison ou près d’un arbre, il signifie l’enracinement à la terre qui l’a vu naître.

Au Sénégal, il faut s’assurer que personne ne se trouve à proximité lorsque le placenta est enterré. Si un ennemi le retrouve, il peut faire du mal au bébé ou à la maman.

Dans d’autres ethnies, le placenta est remis à l’eau, symbole de vie. En Chine ou à Taïwan par exemple, la délivre est enfouie à proximité de la rivière du village. Si celle-ci n’est pas suffisamment profonde, le placenta sera enseveli dans le lit de ce cours d’eau. À Java, une ethnie demande au papa d’enterrer le placenta sur la plage dans l’espoir que la mer l’emporte.

Dans de nombreuses régions d’Amérique du sud, le placenta est brûlé. Chez les Mayas du Guatemala, les cendres du placenta sont gardés jusqu’à la fin de la réclusion postnatale car elles auraient encore un pouvoir bénéfique. La destruction du placenta par le feu est une manière de protéger l’enfant et la mère des risques de sorcellerie. Ainsi, la délivre ne peut pas tomber entre des mains ennemies.

C’est ainsi (les exemples ci-dessus ne sont pas exhaustifs) que dans certaines cultures traditionnelles on tente de maîtriser les pouvoirs associés à cet organe.

Selon la culture des nouveaux parents, il peut être très choquant de voir que le placenta est jeté dans la poubelle de l’hôpital, comme il est coutume chez nous. En tant que doula, il peut être intéressant de connaître la culture du couple à accompagner et les croyances qui y sont associées. En effet, il est possible de demander à la maternité de récupérer le placenta.

Pour les parents issus de la culture occidentale, il me parait important de proposer des moments particuliers afin de marquer ou même célébrer le passage de la grossesse et la naissance de l’enfant. En effet, prendre le temps de vivre cette période en pleine conscience me paraît primordial pour accueillir un nouvel être.

Comme vu précédemment, l’enterrement du placenta est un rituel assez fréquent partout dans le monde. Il est facilement adaptable à notre culture occidentale. Les parents peuvent faire la demande pour récupérer le placenta afin de l’enterrer dans le jardin par exemple. Ensuite, libre au couple d’y planter un arbre.

L’empreinte placentaire, bien que marginale, me paraît également faisable dans notre culture, l’important étant d’en informer les sages-femmes et le mentionner dans le plan de naissance. Le personnel hospitalier sera probablement quelque peu dérouté par la demande et ce sera peut-être au papa de se charger de cette empreinte.

Il me semble important d’informer les couples de l’existence de rituels liés à la naissance, en l’occurrence lié au placenta, pour qu’ils puissent trouver ce qui pourrait leur convenir et agir en fonction de leurs valeurs, leurs croyances et leurs besoins.

Extrait de :  Rites et croyances autour du PLACENTA par Florence Bulliard Salgat

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