Le Rôle du Placenta Durant La Grossesse

 

 

Le placenta est un organe unique car il est temporaire. Il est élaboré par l’oeuf fécondé et se fixe à la paroi de l’utérus. Le placenta est constitué à partir de la même cellule souche que l’embryon. Le cordon ombilical qui le relie à l’embryon provient de sa face interne. Ce cordon renferme une veine ombilicale qui amène du sang oxygéné au foetus ainsi que deux artères ombilicales qui renvoient les déchets dans le sang jusqu’au placenta. Durant toute la grossesse, cet organe fera le lien entre la mère et son bébé.

Le placenta remplit différentes fonctions telles que nutritionnelle (permet l’échange de nutriments), endoctrine (sécrétions d’oestrogènes et de progestérones), immunologique (constitue une barrière contre les agents pathogènes), respiratoire et excrétrice.

Cet organe évolue au rythme de la croissance du foetus et s’adapte à ses besoins. Plus le foetus devient autonome au niveau de ses fonctions vitales, plus le placenta va vieillir et dégénérer. Au terme de la grossesse, il aura perdu toutes ses fonctions, ce qui va induire le travail de l’accouchement.

Une fois le bébé né, l’utérus, vidé de la plus grande partie de son contenu, va se contracter à nouveau afin de diminuer son volume. Le placenta se décolle de la paroi de l’utérus et sera expulsé. À terme, le placenta pèse environ 500 grammes et mesure entre 15 à 20 centimètres.

LES CROYANCES ET RITUELS AUTOUR DU PLACENTA

enfant triste chez francescaLa littérature traitant de l’évolution de l’accouchement existe mais ne mentionne pas la symbolique du placenta. Le fait que c’est un sujet qui touche à l’intimité, aux femmes et à leur corps peut expliquer cette absence de documentation. Il peut, en effet, être considéré comme tabou.

Il existe cependant quelques écrits ou témoignages de sages-femmes ayant pratiqué dans certaines régions alpines suisses dans lesquels un petit paragraphe est consacré au placenta.

Autrefois, le placenta était appelé la/le délivre, la décharge, ou l’arrière-faix. Durant le XXème siècle, on ne pouvait pas mettre le placenta n’importe où. La coutume était de l’enterrer sous le toit de la maison par superstition. Parfois, il était enterré à l’extérieur mais près des murs pour qu’il soit encore à l’intérieur des gouttières. C’était la tâche des pères qui devaient creuser un trou suffisamment profond pour que les animaux ne puissent pas le déterrer. Ce rituel avait un aspect un peu magique car le placenta était considéré comme partie intégrante d’une personne baptisée. De ce fait, on ne pouvait pas en faire n’importe quoi. Dans le courant du XXème siècle, Adeline Favre, accoucheuse dans les régions alpines de Suisse, relate à quel point elle a rencontré des résistances lorsqu’elle a commencé à considérer le placenta comme un déchet qui pouvait être brûlé dans le fourneau.

Le placenta et la terre

Dans les cultures celtes, jusqu’au Moyen-Age, le placenta était enterré sous un bouleau, l’arbre de la déesse nordique de l’amour, Freya. Cette offrande était une manière de lui rendre hommage. On retrouve d’autres coutumes celtes qui disent que le choix de l’espèce de l’arbre planté détermine le chemin de vie du nouvel arrivant sur terre, au même titre qu’un horoscope. Traditionnellement, c’était à la grand-mère de choisir l’arbre car elle avait la plus grande expérience de vie. Lorsque le placenta était enterré sous un pommier, la coutume disait que les pommes mangées par une jeune fille lui permettraient de devenir mère d’un nouvel être humain. L’âme de l’être à venir attendait sa réincarnation à la cime de l’arbre. Cette image de l’arbre reste parfois encore associée au placenta.

Au XVIIIème siècle, en France et en Allemagne, le placenta était enterré immédiatement après la naissance à proximité de la maison afin de rendre l’enfant beau, vertueux et intelligent. Si, au contraire, le placenta était jeté, la femme devenait infertile. Parfois, le cordon séché était placé sous l’oreiller de l’enfant afin de lui apporter protection.

Au travers de ces coutumes d’ensevelissement du placenta, il convenait de veiller à ce que celui-ci ne tombe pas entre de mauvaises mains. En effet, les pratiques de sorcellerie étaient fréquentes et, dans ce but, un fragment humain (ongle, cheveu, sang menstruel, etc.) était nécessaire. Le placenta était alors l’objet d’attentions et constituait un point de vulnérabilité pour le nouveau-né.

Presque partout en Europe, la coutume était d’enterrer le placenta sous un arbre fruitier. C’était aussi un désir de se reconnecter au royaume de nos ancêtres en référant à l’arbre généalogique.

Le placenta et le feu

Parfois, le placenta était brûlé (pays nordiques, Allemagne, France, Suisse). Ainsi, le bébé et la mère étaient protégés des risques de sorcellerie. En Roumanie, par exemple, lorsque la famille était complète, le placenta était brûlé puis le père buvait les cendres pour devenir infertile.

Le placenta et l’eau

Il y a peu de témoignages qui parlent de rituels liés à l’eau dans les pays européens. Quelques récits font part de pratiques en Allemagne ou en Italie où le placenta était jeté dans l’eau courante car un pouvoir purifiant lui était attribué.

Le placenta et l’air

Très peu de pays remettaient le placenta à l’air. Dans certains pays comme la Finlande ou le Portugal, la délivre était séchée à l’air, suspendue dans les branches d’un arbre.

L’ingestion du placenta

Avant le XVIème siècle, on retrouve certains récits qui relatent de l’ingestion du placenta (la placentophagie) par la mère. À cet organe était attribué une telle puissance qu’en l’ingérant, la femme retrouvait sa force et sa vitalité, ce qui lui permettait de retrouver les nutriments qu’elle avait dépensés lors de l’accouchement. Cette coutume s’est peu à peu perdue en même temps que la valeur symbolique du placenta a évolué. Il n’était alors plus possible de consommer ce qui était considéré comme le double ou le compagnon du nouveau-né.

Aux alentours du XVIIème siècle, une valeur nourricière était attribuée au placenta. Ce dernier était supposé apporter un support spirituel, une nourriture pour l’âme de l’enfant. Il représentait alors la moitié symbolique du nouveau-né. En France, le placenta était nommé galette, ce qui correspond à la signification latine du mot placenta. Cette valeur nourricière a également donné d’autres noms à la délivre, comme la nourrice de l’enfant ou la mamelle de l’embryon.

Certains récits témoignent toutefois de pratiques de placentophagie dans les Abruzzes (Italie) au début du XXème siècle. En effet, les femmes ingéraient la délivre pour son effet galactogène.

fillette-arc-en-cielAujourd’hui, toutes ces croyances et valeurs symboliques autour du placenta sont oubliées. Avec l’hospitalisation des naissances, les couples n’ont plus à se soucier du placenta. Souvent associé au risque d’hémorragie, le placenta fait l’objet d’une inspection précise. Une fois assuré qu’elle a été expulsée dans son intégrité, la délivre est incinérée dans la quasi-totalité des hôpitaux.

Pourtant, même en milieu hospitalier, le devenir du placenta a changé. Pendant une époque, il était stocké dans un congélateur, puis, assez rapidement, acheminé vers la production de cosmétique ou la pharmacologie. Cette initiative était prise sans l’accord des parents. En effet, dans les années 80, il existait des entreprises spécialisées dans la récolte des placentas auprès des hôpitaux qui les remettaient ensuite à des laboratoires de cosmétique. Certains services de grands brûlés utilisaient ces placentas afin de faciliter le bourgeonnement de la peau et sa cicatrisation. Un pouvoir de protection de la peau était ainsi attribué à la délivre. Ces pratiques ont été abandonnées depuis la découverte du SIDA.

En effet, le placenta peut être un vecteur potentiel de divers virus comme le VIH, l’hépatite B ou C. Il fait donc l’objet de mesures particulières, car considéré comme potentiellement contaminé.

Extrait de :  Rites et croyances autour du PLACENTA par Florence Bulliard Salgat

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