Des Vertus indispensables à l’évolution spirituelle

 

La vertu est un message de l’Etre ; elle est comme une réverbération du Souverain Bien, à laquelle nous participons par notre nature ou par notre volonté, facilement ou difficilement, mais toujours par la grâce de Celui qui est.

Avoir une vertu, c’est avant tout ne pas avoir le défaut qui lui est contraire, car Dieu nous a créés vertueux. Il nous a créés à son image ; les défauts sont surajoutés. Au demeurant, ce n’est pas nous qui possédons la vertu, c’est la vertu qui nous possède. Il faut réaliser les vertus pour qu’elles soient ; et non pour qu’elles nous appartiennent. Comprendre une vertu, c’est savoir comment la réaliser.

humilité

L’homme « fait à l’image de Dieu », a une intelligence capable de discernement et de contemplation ; une volonté capable de liberté et de force ; une âme ou un caractère capable d’amour et de vertu. L’âme assimile la nature ou les qualités de l’Aimé en y participant par la vertu ou par les vertus.

L’homme a le droit d’être heureux, mais il doit l’être noblement et, ce qui revient au même, dans le cadre de la Vérité et de la Voie. La noblesse est ce qui correspond à la hiérarchie réelle des valeurs : Le supérieur prime l’inférieur, et cela sur le plan des sentiments aussi bien que sur celui des pensées ou des volitions. On a dit que la noblesse de caractère consiste à mettre l’honneur ou la dignité morale au-dessus de l’intérêt, ce qui signifie en dernière analyse qu’il faut mettre le réel invisible au-dessus de l’illusoire visible, moralement aussi bien qu’intellectuellement.

La noblesse est faite de détachement et de générosité ; sans cette noblesse, les dons de l’intelligence et les efforts de la volonté ne sauraient suffire pour la Voie, car l’homme ne se réduit pas à ces deux facultés, il possède aussi une âme capable d’amour et destinée au bonheur ; et celui-ci ne peut être réalisé – sauf d’une façon illusoire- sans la vertu ou la noblesse.

La Voie est faite de discernement, de concentration et de bonté : de discernement pour l’intelligence, de concentration pour la volonté, de bonté pour l’âme.

Le détachement implique l’objectivité vis-à-vis e soi-même ; la générosité implique tout autant la capacité de se mettre à la place d’autrui, donc d’être « soi-même » dans les autres. Dans la durée, le détachement donne lieu à la patience et la générosité à la fidélité, la patience et la fidélité prolongent et parfond en quelque sorte les vertus qu’elles fixent dans le temps, si bien qu’on pourrait dire que la patience prouve la sincérité du détachement et que la fidélité prouve la sincérité de la générosité ; toute qualité, pour être entière exige la persévérance.

Ce que nous devons à Dieu, nous le devons d’une façon appropriée au prochain. Chaque vertu est un œil qui voit Dieu.

A rigoureusement parler, ce n’est pas nous qui réalisons la vertu, c’est Dieu qui seul la possède et qui nous la communique ; ce que nous croyons être la réalisation d’une vertu, n’est en réalité qu’un regard du cœur sur Dieu, ou c’est un regard de Dieu sur notre cœur. L’orgueil, c’est croire que nous faisons cadeau de nos vertus à Dieu.

vertus

Détachement, générosité, vigilance, gratitude : ces vertus relèvent de 4 principes qui pourraient être caractérisés par les termes suivants : Pureté, bonté, force, beauté ; ou froid, chaleur, activité, repos ou mort, vie, combat, paix ; ou encore en les appliquant à l’alchimie spirituelle : abstention, confiance, accomplissement, consentement. La pureté et la beauté sont statiques ; la force et la bonté sont dynamiques ; à un autre point de vue, la pureté et la force relèvent de la rigueur ; la beauté et la bonté de la douceur. C’est dire que la vertu en soi, ou la conformité de l’âme possède deux modes complémentaires, un statique et un dynamique, et sous un autre rapport, un mode rigoureux et un mode doux ; et que les quatre vertus dérivent de ces modes ou de ces pôles. La vertu est la rencontre du sujet humain avec l’objet divin.

La vertu en soi, c’est l’adoration qui nous attache à Dieu et nous attire vers Lui tout en rayonnant autour de nous. La vertu une, ou la dévotion substantielle, c’est se reposer dans l’être, qui est à la fois transcendant et immanent tout en étant sacramentalement présent, hic et nunc. Et toute vertu est par participation à sa propre essence un mode d’adoration et partant de béatitude. Dieu a mis dans notre substance toutes les vertus ; elles sont fonction de la nature de celle-ci et cette nature est la dévotion primordiale. Ce qui est donc à retenir, qu’une vertu n’est jamais une acquisition, ni une propriété : elle appartient toujours à Dieu, et par Lui au logos ; notre souci doit être d’éliminer ce qui s’oppose aux vertus, non de gagner les vertus pour nous-mêmes ; il faut laisser libre passage aux qualités du Souverain Bien.

Les trois vertus fondamentales : Véracité, Charité   , Humilité  , doivent pénétrer jusque dans notre pensée, puisque celle-ci est un acte. Il n’y a aucun plan d’activité où les vertus ne doivent intervenir. Quand la vérité pure se manifeste, elle ne peut le faire sans les vertus, car la manifestation est un acte.

 L’Humilité, c’est se regarder soi-même dans l’état limitatif d’individuation ; c’est jeter son regard sur l’ego, la limite, le néant.

 La Charité, c’est regarder autour de soi : c’est voir Dieu dans le prochain et s’y voir soi-même, non comme pure limite, cette fois-ci, mais comme créature de Dieu faite à son image.

 La Véracité, c’est regarder vers la Vérité, se soumettre et s’attacher à elle et se pénétrer de sa lumière implacable.

Chacune des 3 vertus doit se retrouver dans chaque autre vertu ; elles sont les critères les unes des autres.

croireQuand une âme est dans l’état qui lui est naturel – dit la Philocalie, – la vertu s’y trouve nécessairement. L’âme se trouve dans son état naturel quand elle reste comme elle a été créée. L’âme est juste quand sa science demeure dans l’état qui lui est naturel… C’est pour cela que la vertu n’est pas chose difficile ; quand nous restons comme nous avons été créés, nous sommes dans un état de vertu.. Si nous devions chercher la vertu en dehors de nous, ce serait certes difficile ; mais comme elle est en nous-même, il suffit d’éviter les pensées mauvaises et de garder notre âme (telle qu’elle est a priori) tournée vers Dieu.

Conclusion :

Afin d’être aussi fidèles à nous-mêmes, nous avons besoin d’arguments irrécusables : des Clefs qui nous permettent de demeurer dans la conscience du Souverain Bien en dépit des troubles du monde et de l’âme.

Sur le plan de notre rapport humain avec Dieu, le premier argument qui s’impose est l’évidence que le monde ne peut pas être autre chose que ce qu’il est et que nous ne pouvons pas le changer ; qu’il faut donc nous résigner à ce qui ne peut pas ne point être et résister à toute tentation de révolte – même inconsciemment contre le destin et contre la nature des choses ; c’est ce qu’on appelle « accepter la volonté du ciel  ».

A la qualité de résignation se joint celle de confiance : la Divinité est substantiellement bienveillante, sa bonté intrinsèque prime sa rigueur quasi accidentelle ; en avoir conscience, c’est demeurer dans la paix et savoir que tout est entre les mains de Dieu. Aux qualités de résignation et de confiance doit se joindre celle de gratitude : bien souvent, le souvenir des biens dont nous jouissons et dont éventuellement d’autres ne jouissent pas – peut atténuer une épreuve et contribuer à la sérénité qu’exige la conscience de l’Absolu. Un autre argument se fonde sur notre liberté : nous sommes libres de faire ce que nous voulons faire, d’être ce que nous voulons être ; aucune séduction ni aucune épreuve ne peuvent nous empêcher d’avoir recours à la conscience salvatrice du Souverain  Bien.

Dans notre conscience de Dieu, notre désir de libération se rencontre avec la volonté de Dieu de nous libérer ; l’oraison est à la fois une question et une réponse. Si « la beauté est la splendeur du vrai » on peut en dire autant de la bonté ; si le bien tend à se communiquer, c’est qu’il tend aussi à nous libérer.

D’après Frithjof Schuon :

 La Transfiguration de l’homme
 Esotérisme comme Principe et comme Voie
 Perspectives Spirituelles et faits humains
 Jeu des masques

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site https ://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :