Lorsque l’Obéissance est une vertu

 

Du latin oboedire : entendre. Se soumettre aux ordres d’un supérieur, ou à une loi, à un principe, une impulsion, ou à sa conscience.

Le devoir d’obéissance s’impose à tous. Sinon, aucune vie sociale ne serait possible. L’autorité légitime issue du suffrage universel renvoie à une morale naturelle exprimée depuis l’antiquité par les sages de toutes confessions.

L’apprentissage de l’obéissance commence dans la famille et se poursuit à l’école. Bien que cette notion soit aujourd’hui brocardée par une certaine jeunesse souvent abandonnée par la démission des parents, ou désaxée par l’athéisme ou par la rupture des références culturelles (immigration), on ne voit pas ce qui pourrait la remplacer. C’est pourquoi cette vertu demeure ancrée dans la mémoire collective et se réfère aux plus anciennes religieuses, de l’ancien Testament au nouveau Catéchisme. « Enfants, obéissez en tout à vos parents car cela est agréable à Dieu » disait Saint Paul dans son Epitre aux Colossiens (3,20). Dans les sociétés anciennes, l’obéissance ne souffrait pas d’exception. Il en va différemment aujourd’hui, même pour les enfants : « Si l’enfant est persuadé en conscience qu’il est moralement mauvais d’obéir à tel ordre, qu’il ne le suive pas » dit le nouveau Catéchisme.

Helena Phil, Willow Voges-Fernandes, Vivien Ciskowski, Levin Liam

Il en est de même pour tout adulte. Cela dit, « le devoir des citoyens est de contribuer au bien de la société dans un esprit de vérité, de justice, de solidarité et de liberté. La soumission aux autorités légitimes et le service du bien commun exigent des citoyens qu’ils accomplissent leur rôle dans la vie de la communauté ». L’obéissance suppose la compétence et l’incorruptibilité des personnes investies de l’autorité, qui assurent la sauvegarde des institutions et se consacrent sans mesure au bien commun légitime de la communauté. Dans ces conditions, et elles seules, l’obéissance est supportable. Il est évident que la corruption des édiles ne porte pas le citoyen à la vertu, mais toutefois ne l’en dispense pas.

L’obéissance n’est plus acquise en conscience dans les régimes totalitaires. En effet, l’autorité ne tire pas d’elle-même sa légitimité morale. Elle ne doit pas se comporter de manière despotique, mais agir pour le bien commun, en respectant les minorités, comme une force morale fondée sur la liberté et le sens de la responsabilité. Le refus d’obéissance peut se justifier « lorsque les exigences des autorités civiles sont contraires à celles de la conscience droite, des exigences de l’ordre moral, des droits fondamentaux des personnes et aux enseignements de l’Evangile ». Dans les cas extrêmes, le recours aux armes est admis, « à condition de ne pas provoquer des désordres pires » et s’il est impossible d’agir pacifiquement, précise le nouveau Catéchisme.

Aujourd’hui, la liberté de l’esprit sauvegarde la dignité d’obéissance. Il y a ceux qui obéissent et ceux qui donne les ordres. Avant tout, le commandement est un service. Mais le chef demeure tenté par la puissance. A chaque instant il peut susciter soit l’amour, soit la haine. Il est vu de toute part, il est jugé, il est jaugé. Il peut être méprisé en silence. Il ne peut rester médiocre ou indifférent. Il lui faut choisir : être craint c’est à dire détesté, ou être respecté et aimé.

On s’imagine que l’obéissance est simple dans les sociétés qui reposent sur la discipline : communautés religieuses, armées, partis politiques. Mais là comme ailleurs, qu’on soit docile ou révolté, on n’est pas entièrement délivré du tourment de choisir. La servitude qui émane de l’obéissance prise à la lettre paraît odieuse. Il y partout des confits de devoir et il en résulte schisme, sécession, révolution.

Celui qui se sépare par la désobéissance introduit dans l’édifice social un principe de contestation, dont il ne pourra plus un jour arrêter les conséquences. L’existence de toute société peut exiger parfois qu’on se soumettre à un ordre injuste. Et celui qui se sépare, par la désobéissance, s’il devient lui-même un jour détenteur de l’autorité, sera moralement mal fondé à exiger de ses subordonnés, sinon par la voie autoritaire, l’obéissance absolue dont il avait cru bon auparavant de s’affranchir lui-même.

L’homme moderne obéit ou pas assez ou trop. Est-ce le prix de la liberté ? L’obéissance a changé d’aspect. Jadis, on obéissait, parfois avec grogne, toujours autorisée. Aujourd’hui pour bien obéir, il nous faut comprendre et approuver. Sinon, voyez ce qui se passe dans les conflits sociaux ; on préfère la révolte. Il est clair que le difficile de l’obéissance et sa vertu, c’est de la pratiquer quand elle pèse. Dans ces problèmes suprêmes, nous sommes seuls avec notre conscience.

Et à propos de l’obéissance que l’on demande aux jeunes, peut-être a-t-on oublié ce que disait ce prêtre des Foyers de charité, Jacques Ravanel : « Eduquer, c’est aimer ». Alors, l’obéissance s’ne suit tout naturellement, en douceur, avec amour !

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer le site de Francesca https ://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com/

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