Lorsque la justice est une vertu

 

la justiceDu latin justitia ; de jus : qui est conforme au droit. C’est la première des quatre vertus cardinales d’Aristote, fondateur de la morale en tant que science. Elle demande le respect du droit des autres. « La justice, a dit V.Jankélévitch, est le conservatoire de la valeur, la protestation rationnelle contre la violence, l’instinct égoïste et l’avidité. Elle lutte non pour doubler la force, mais pour compenser la faiblesse. Elle est la revanche muette, surnaturelle et tôt ou tard inéluctable du vaincu qui a pour lui le bon droit. Elle protège la faiblesse désarmée contre la violence furibonde, le droit humilié contre la piraterie triomphante ».

La justice impose donc une révolution au système de la force brutale qui a régné pendant des millions d’années dans le monde, en vertu de la loi de l’évolution par sélection naturelle, qui élimine le faible. Au nom de sa faiblesse et au nom de l’amour, le faible devient même prioritaire et tout un système de valeurs se trouve renversé. La nouvelle notion introduite est que notre liberté de faire n’importe quoi s’arrête là où commence la liberté des autres. Et ce n’est pas facile, car le fort, s’il n’est pas bon, est toujours tenté de brimer le faible.

C’est aussi pour essayer de mettre fin à la guerre que les sages ont un jour inventé la justice. « Le juste, dit A.Comte-Sponville, met sa force au service du droit, malgré les inégalités. Il faut d’abord résister à l’injustice que chacun porte en soi, qui est soi ».

La justice devrait être naturelle, mais elle ne l’est pas ; chacun ne voit que son propre intérêt. C’est pourquoi on a inventé « le droit », système juridique qui fixe les règles de la vie en société. Il tend, malgré des résistances, à être à peu près similaire partout dans le monde. Une forte minorité le conteste et tente encore de le détourner. Ce sont les voleurs, les tueurs, les violeurs, les fraudeurs et autres délinquants et les états totalitaires. Ils contestent la justice, que Kant définit ainsi : « Est juste toute action qui permet à la libre volonté de tout un chacun de coexister avec la liberté de tout autre suivant une loi universelle ».

La justice veut donc rétablir une certaine égalité entre le fort et le faible, le savant et l’ignorant. Il y faut de la sainteté, l’égoïsme l’emportant encore le plus souvent et en chacun de nous. C’est pourquoi les lois sont nécessaires.

Les situations et les gens étant différents, les lois manquent de souplesse face à une variété infinie de situations et de caractères. Aussi, à côté de la justice il y a l’équité, une sorte de justice qui colle au terrain et corrige les rigueurs des lois abstraites. « L’équité, a dit Aristote, c’est de pardonner au genre humain » ce qui souligne la primauté de la charité sur la froide justice : « La justice est le régulateur systématique de l’inégalité, dit V.Jankélvitch. Elle réduit la haine à l’impuissance sans en tarir la source. Elle est la continuation de l’ordre qu’elle reconduit d’abus en abus à travers ses éclipses et ses intermittences. Mais l’amour, continuité et volonté de la justice, est la seule garantie permanente de la paix ».

On ressent la justice comme indispensable pour l’harmonie des rapports humains, et pourtant elle lasse parfois une impression de malaise…. Parce qu’elle se réfère à un idéal haut placé et de ce fait difficile. La difficulté consiste à introduire la miséricorde dans la justice, sans tomber dans le laxisme et la faiblesse.

Il n’y a pas de justice humaine sans justice sociale. C’est à dire de charité, d’amour. Mais il ne faut pas confondre justice et charité car tout en étant recommandée, la charité n’est pas, comme la justice, exigible par la force. Elle en est le complément, elle l’humanise. La pratique de la seule justice n’entraîne aucun mérite. Mais la justice est la condition nécessaire de la charité.

la justice

Pour un croyant, la justice est une rectitude de l’esprit que vivifie la grâce divine. Et le Christ a demandé de ne pas faire à autrui ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fit. En matière de justice, il faut savoir que les pauvres, pendant des siècles écrasés par les puissants, ne peuvent plus se contenter des promesses d’une justice compensatrice dans l’au-delà. On veut la justice ici-bas et maintenant, et la paix du monde est à ce prix. Quant au « jugement dernier », c’est une question de conscience personnelle. Oui, on sera jugé selon ses mérites, et cela ne concerne pas seulement une élite soucieuse de valeurs morales, mais tout un chacun.

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer  le site de Francesca https ://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com/

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