Lorsque la Fidélité est une vertu

 

Remplir ses engagements et tenir ses promesses.  Fidélité à ses propres convictions, à sa foi, à ses amitiés, à ses amours. La fidélité est la base des vertus, puisque la vertu est la fidélité à la loi du bien. Elle exclut la trahison. Elle a donné le mot « fidèle » pour désigner le croyant exemplaire. Elle a le mérite de s’attacher aussi aux causes perdues, à l’ami malheureux, aux absents, vivant sou morts. Elle s’oppose à l’opportunisme vénal, elle demeure désintéressée. « Permanence de toute culture, elle fonde seule la vie spirituelle et morale » dit V.Jankélévitch.

La fidélité implique la persévérance, son problème étant de surmonter le temps, d’échapper à l’ennui, à l’habitude, aux tentations extérieures d’infidélité. « La vraie fidélité, dit encore Jankélévitch, est le cœur de la patience. Elle s’installe dans la fidèle quotidienneté de l’amour.

L’épreuve de la fidélité donne toute la mesure de l’amour. La fidélité fait de l’éclair une clarté, de l’étincelle une lumière. Toutefois, la fidélité ne doit pas conduire à l’obsession, à la jalousie, à l’accaparement de l’autre, négation même de l’amour. Il y a donc un juste milieu à trouver, dont la mesure est le respect et la liberté de l’autre. En contrepartie, l’objet de la fidélité doit être pur. Aristote conseille de n’être pas fidèle à  ses amis s’ils deviennent pervers, car alors on devient leur complice dans le mal…

Finalement, la fidélité se rencontre beaucoup plus dans l’amitié que dans l’amour, tout au moins dans l’amour-passion, instable et nature. C’est pourquoi, dans un couple, la tendre amitié, plus que la passion, est le gage de la durée, de la fidélité.

CHAMP DE FLEURS

Vertu conjugale par excellence, la fidélité est difficile à respecter car, si l’amour va de soi, dans la durée, l’être humain est tenté de rompre la fidélité au nom d’un autre amour, qui se présente sous l’aspect du tentateur. La fidélité est alors rompue par l’élan aventureux, le surgissement de l’être hors du silence, le battent d’aile de l’Oiseau de feu. Le principe nocturne remet en cause l’engagement. De nouveau, il nous faut l’insécurité, le danger qui rôde, le cœur qui bat, le vin du printemps qui sent l’aventure.

Dans la vie de tous les jours, la fidélité fonde le devoir, ce qui est nécessaire mais combien difficile dans un monde où tout change. Pour être vertu, la fidélité choisira donc ses valeurs, au nombre desquelles on mettre l’amour-charité, le don de soi, la noblesse de caractère et naturellement la loyauté. Elle les choisit et s’efforce de leur demeurer fidèle, sans fanatisme, tout en acceptant périodiquement de les rajeunir.

Ce fut le problème de l’Eglise au concile Vatican II, qui s’efforça d’être fidèle à l’essence du message christique, en le dépoussiérant de ses rajouts historiques accessoires et en opérant les changements nécessaires pour s’ajuster au monde moderne. Rester fidèle à soi-même ne veut pas dire demeurer immobile. Il n’est de fidélité que vivante. Ainsi comprise, la vertu de fidélité, soumise à la loi morale, qui pour le croyant est « divine », pour le libre penseur « naturelle », fonde la culture, la civilisation, en un mot l’homme. Elle demeure un combat permanent.

La vraie fidélité prend sa source dans l’amour plénier, qui s’adresse à la totalité de l’être, à ce qui ne passe pas. Les femmes redoutent souvent d’être aimées seulement pour ce qu’il y a en elles de fugitif, de temporaire, comme leur jeunesse et leur beauté qui se fanera. Car la vraie fidélité est ailleurs. Une identité ne peut durer identique à elle-même qu’en se renouvelant sans cesse. Il faut savoir intégrer les métamorphoses pour rester fidèle à ce que l’autre a aimé en vous.

Pour parler d’infidélité dans sa foi, faut-il demeurer fidèle, malgré le risque d’hypocrisie ? Faut-il se séparer de l’Eglise ? Comment Dieu jugera-t-il les uns et les autres ? Il me semble que l’on peut rester fidèle à son église, même si l’on a perdu la foi, à condition que cette église reste pure et fidèle à l’esprit de son fondateur. C’est la vertu de patience qui est, selon le mot de Jankélévitch, « la nue vertu du temps ». Espérer contre toute espérance ; accepter avec humilité la nuit de l’esprit. Alors, du fond de la vacuité, le miracle se produira peut-être. La foi sera rendue. Il faut donc rester fidèle à l’espérance, à ce qui nous a fait naître et grandir. Ceci est la foi en Dieu.

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