La place de l’agressivité dans le développement de la personnalité infantile

 

Définition de l’agressivité et de la violence

Etymologie : le verbe agresser vient du latin aggredi dont l’étymologie ad-gradi signifie « marcher vers », « s’avancer vers », c’est l’opposé de la fuite.

« L’agressivité fait partie de la condition humaine. Elle joue un grand rôle dans le développement de l’enfant. Un rôle aussi grand que l’amour. La violence intérieure donne l’énergie et la motivation nécessaires au dépassement de soi. Elle favorise la réussite tant qu’elle reste dans des limites contrôlées par l’enfant. L’éducation ne consiste donc pas à l’annihiler mais à la canaliser, pour mobiliser l’énergie au service d’objectifs positifs pour soi-même et pour les autres ». Edwige Antier, L’agressivité. L’agressivité dite « normale » est celle qui se manifeste chez les petits d’âge préscolaire parce qu’ils n’ont pas encore appris à utiliser des stratégies pacifiques pour résoudre leurs conflits, à réguler leurs émotions ou à se servir de comportements adaptatifs de rechange à l’agressivité.

Ils n’ont pas encore développé les habiletés sociales qui leur permettent d’interagir de façon positive avec leur entourage. On explique leurs gestes agressifs par leur maladresse sociale, leur immaturité neurologique, leurs habiletés langagières à peine émergentes et leur capacité naissance à intégrer les interdits. S. Bourcier, L’agressivité chez l’enfant de 0 à 5 ans.

L’agressivité se joue autour des enjeux de :

  • Survie
  • Territoires
  • Besoins
  • Valeurs

Développement de l’agressivité chez l’enfant

Il existe une agressivité vitale chez le nouveau-né indispensable à sa survie.

Au cours de la première année, les contacts sont maladroits et « agressifs », mais ils sont exécutés par exploration et sans intention hostile.

La maîtrise de la station debout favorise les rapprochements. C’est pourquoi, dès l’âge d’un an, les enfants possèdent les habiletés physiques pour être plus agressifs.

Entre 12 et 14 mois, le taux d’agressions physiques atteint son maximum.

C’est vers l’âge de 2-3 ans qu’on observe le plus grand nombre de crises chez l’enfant, dont la cause principale est la frustration. C’est l’âge des grosses colères.

Entre 3 et 5 ans, l’enfant comprend qu’il peut remplacer l’agressivité physique par des mots pour exprimer ce qu’il veut.

Entre 4 et 9 ans, le cerveau de l’enfant travaille deux fois plus que le nôtre à l’âge adulte. Le monde imaginaire et symbolique est de plus en plus présent. L’enfant se montre capable de trouver des solutions de rechanges quand il est frustré. Il se maîtrise de plus en plus et se montre disposé à discuter d’une solution. Il découvre l’art de négocier.

Les déclencheurs observés dans des interactions entre enfants

  1. Bourcier, L’agressivité chez l’enfant de 0 à 5 ans

Dispute pour l’obtention d’un objet (conflit de possession)

– Besoin d’apprendre à partager

– Besoin d’apprendre à demander pour obtenir quelque chose

Attente de son tour

– Besoin d’apprendre à tolérer l’attente

– Besoin d’apprendre à comprendre la notion de délai

Confrontation au « non » de l’adulte

– Besoin d’apprendre à tolérer les frustrations

– Besoin de limites

– Besoin de s’affirmer

Conflit de territorialité

– Besoin d’apprendre à tolérer la proximité

– Besoin d’apprendre à affirmer son désir de s’isoler

Attention de l’adulte octroyée à un pair

– Besoin d’apprendre à partager la présence de l’adulte

– Besoin d’apprendre à tolérer les délais

Difficulté à exécuter une tâche

– Besoin de vivre des succès

– Besoin d’apprendre à accepter de faire des erreurs

– Besoin de développer un sentiment de réussite grâce à des succès

Les chercheurs s’entendent pour dire qu’au cours du développement, ce qui distingue les manifestations agressives normales des conduites agressives dites « anormales » ou « atypiques », c’est la fréquence et la gravité des symptômes.

La violence est la perte du sens de ce qui se passe, situation qui engendre frustration, peur, colère, angoisse… autant d’éléments qui constituent la nature des comportements que l’on nomme « violents ».

La violence est sourde, aveugle et muette … et toujours inefficace. Elle fait de l’autre un objet à détruire (quelle qu’en soit la raison). C’est l’abus de la force. Toute violence qui s’exerce contre l’homme est un viol : le viol de son identité, de son corps, de son humanité. Toute violence est brutalité, offense, destruction, cruauté.

La violence est l’utilisation de force physique ou psychologique pour contraindre, dominer, causer des dommages ou la mort. Elle implique des coups, des blessures, de la souffrance.

Les besoins de la personne en construction – L’approche de MASLOW

Maslow est un psychologue américain qui a eu le mérite d’effectuer un classement simple des grandes familles de besoins fondamentaux de toute personne humaine. Il en a déterminé 5 qu’il a classés sous forme de pyramide afin de faire apparaître leur hiérarchisation (par ordre de priorité).

pyramide des besoins de l'enfant

L’attachement comme enracinement de la socialisation

Bowlby (1969) décrit l’attachement comme étant le produit des comportements qui ont pour objet la recherche et le maintien de la proximité d’une personne spécifique. C’est un besoin social primaire et inné d’entrer en relation avec autrui. En ce sens, il s’éloigne de Freud pour lequel les seuls besoins primaires sont ceux du corps, l’attachement de l’enfant n’étant qu’une pulsion secondaire qui s’étaye sur le besoin primaire de nourriture.

La fonction de l’attachement est pour Bowlby (1969) une fonction adaptative à la fois de protection et d’exploration. La mère, ou son substitut, constitue une base de sécurité pour son enfant. Le nouveau-né dispose d’un répertoire de comportements instinctifs, tels que s’accrocher, sucer, pleurer, sourire, qui vont pouvoir être utilisés au profit de l’attachement. Après 7 mois, une relation d’attachement, franche et sélective, à une personne privilégiée, s’établit.

On distingue les liens d’attachement sécurisés des liens insécurisés :

Sécurisés (Secure) – Groupe B

Les comportements sont ceux prévus par la théorie. Le caractère dominant des enfants sécurisés est la recherche de contact avec la figure d’attachement, surtout lors de la réunion, et ceci sans ambivalence. Le contact peut être établi à distance. L’enfant de ce groupe n’est pas forcément perturbé par la séparation. S’il l’est, il se laisse réconforter par l’étrangère, qu’il semble toutefois bien différencier de la mère, contrairement aux enfants du groupe A. L’enfant sécurisé se sert de sa mère comme d’une base de sécurité. La mère est disponible et sensible aux signaux de détresse de son enfant.

Insécurisés (Insecure) – Groupe A

L’enfant ne présente pas beaucoup de réactions. Il est moins actif, il ne compte pas sur la mère pour le sécuriser. On dit que l’enfant est insecure évitant ou anxieux-évitant. Le comportement qui caractérise de façon typique ces enfants est l’évitement du contact avec la figure d’attachement lors de la réunion. S’ils sont pris dans les bras, ces enfants ne résistent pas, toutefois ils ne cherchent pas non plus à conserver ce contact. Ils montrent généralement peu de détresse lors de la séparation. Si ‘on est tenté de voir là de l’indifférence, il faut considérer que leur mouvement d’évitement semble trahir en réalité une ignorance active, dénotant une certaine colère.

Insécurisé (Insecure) – Groupe C

L’enfant est très malheureux lorsque la mère n’est pas présente mais ne veut pas le contact avec la mère lorsque celle-ci revient. On dit que l’enfant est insecure résistant ou anxieux-résistants ou encore ambivalents. La réaction typique des enfants de ce groupe est l’ambivalence. Il y a bien une recherche active de contact mais, une fois celui-ci établi, l’enfant veut s’en défaire, non sans protester lorsqu’il est effectivement relâché. Le ton est surtout celui de la colère et de la détresse, ou encore celui de la résistance relationnelle. L’enfant peut résister à être pris et en même temps résister à être posé. Lors des retrouvailles avec la mère, certains d’entre eux peuvent aussi manifester une détresse passive.

Insécurisé (Insecure) – Groupe D

Ce groupe a été ajouté plus tard par Main, Kaplan et Cassidy (1985). Il s’agit d’enfants qui, typiquement, se figent lors de la réunion dans une posture évoquant l’appréhension, la confusion, voire la dépression. La séquence temporelle, chez ces enfants, donne une impression de désorganisation ; des comportements apparemment opposés sont exprimés simultanément (s’approcher avec la tête détournée, par exemple) ; les mouvements semblent incomplets et l’expression des affects mal dirigée. On parle d’enfants désorientés-désorganisés. Il s’agit pour beaucoup d’enfants victimes de maltraitance ou témoins de violence.

*Ceci fait partie d’une formation que j’ai suivie moi-même en Institution en 2017 …Formassad – 43 rue Beaubourg 75003 Paris – Téléphone : 01 40 06 01 26 –

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