Lorsque l’Espérance est une vertu

Du latin sperare, l’espérance est une disposition de l’esprit qui le porte à croire à la réalisation de ce qu’il souhaite. C’est donc à l’origine un penchant inné qui fait que dans la vie on sera optimiste, par opposition au pessimisme. Ce « plus » que l’enfant trouve à sa naissance est une caractéristique essentielle de la vie. Avec l’âge et les déboires, l’espérance tend à diminuer, c’est alors qu’elle devient une vertu. On apprend à la cultiver, comme on s’accroche à la vie, cette merveille, même si on sait que l’on va vers la mort. La plus haute espérance est alors de refuser la mort, c’est à dire l’absurde ; d’entrer dans le mystère de la vie surnaturelle, que constitue l’espérance religieuse, ouvrant sur la survie de l’esprit. En ce sens, on peut écrire que l’espérance est une vertu vivifiante, alors que le pessimisme est une déviation de l’esprit, qui le ronge comme un cancer.

espérance

Je pense que l’on doit enseigner l’espérance aux jeunes tout en les mettant en garde contre l’illusion et l’euphorie. En effet, l’espérance conditionne la réussite matérielle, morale et spirituelle, le bonheur et la vie. Contrairement à la devise de Guillaume d’Orange, bien nommé le Taciturne, il est nécessaire d’espérer pour entreprendre. Le déclin de la civilisation dans une société vieillie procède souvent de la victoire du pessimisme sur l’espérance. Au contraire, une civilisation qui monte croit en la vie, à la joie, au bonheur, et au-delà en la survie de l’esprit.

L’espérance est donc comme un rêve éveillé. En vertu de l’adage : « Tout ce que l’homme rêve, lui ou ses descendants finiront un jour par le réaliser », elle constitue l’un des moteurs positifs qui porte l’humanité en avant, et s’oppose à la loi d’entropie, ou dégradation de l’énergie, qui règne sur le monde physique. Non seulement l’espérance se rit des échecs, mais la vie prend appui sur eux pour les surmonter.

L’immortalité de l’âme constitue la plus forte espérance qui puisse animer un être humain, en ce sens qu’elle s’oppose à la mort et à la tentation du néant. Les religions monothéistes nées de la tradition mosaïque ne s’y sont pas trompées. Saint Paul rappelle qu’Abraham espéra contre toute espérance, il crut et devin ainsi père d’une multitude de peuples (Rom. 4,18).

Il faut bien distinguer une différence entre l’espoir et l’espérance. L’espoir peut décevoir, tandis que l’espérance ne trompe pas, ne confond pas. L’espoir qu’il fera beau demain ou que l’on gagnera au tiercé, n’est pas une vertu. L’espérance de la vie éternelle est la seconde vertu théologale. L’espérance qu’on ne fera rien contre l’honneur est aussi une belle vertu. C’est encore cette espérance invincible, cachée au cœur de l’homme, qui lui permet d’agir, de semer, de fonder. Il faut une grande espérance au cœur même de la détresse et du malheur. Celui qui en a peu, qui ne garde pas une foi vive, ce peut et le peu qui lui reste de vie lui seront enlevés.

En effet, l’espérance ordinaire ne suffit pas. Ce n’est pas assez d’espérer être heureux dans l’avenir, de se disposer à la perspective du mieux. Le signe d’un esprit fort est, dans les difficultés, d’être heureux maintenant ; de tirer de l’épreuve les éléments de sa force et de son indéfectible espérance.

Le nouveau-né est espérance. L’enfant commence la vie par un sourire à sa mère. Un sourire d’espérance. Puis c’est l’espérance de la jeunesse, l’élan cesse, que défaille l’espérance, alors le présent retombe en mélancolie. Voyez cette jeunesse désabusée, sans travail, sans but…..

Depuis Hiroshima, l’espérance a changé de nature. Elle était humaine, elle est devenue divine. Avant le feu nucléaire, l’humanité croyait au progrès indéfini. Or, nous approchons d’un seuil où il faudra choisir entre disparaître, et survivre après une mutation. Nous approchons d’événements inouïs et nous sommes entre les mains de Dieu. C’est cela la vraie, la pure, la forte, l’intime, la délicieuse espérance.

Seule l’espérance qui enveloppe la foi peut permettre à l’espèce humaine de franchir ce cap de notre civilisation. Le moment est arrivé où l’humanité devra, si elle veut survivre, faire un choix capital ; le mystère ou l’absurde ; l’être ou le néant. Sartre a choisi le néant. J’ai choisi l’être et l’espérance invincible.

La science va rejoindre la métaphysique. L’homme cessera alors d’être divisé. Telle est notre espérance. Tout se passe comme si nous étions faits pour autre chose, pour un avenir irréalisé, pour un bonheur non encore obtenu, pour un « autre monde », pour une « autre vie » pour une libération des apparences oppressives, pour une victoire sur la mort.

étoile blanche

L’espérance peut venir du dehors à condition de trouver un écho dans sa propre profondeur, l’esprit, et surtout le cœur. « Ose devenir ce que tu es » c’est un ressort vigoureux dont la résistance et le jeu dépendent avant tout de facteurs spirituels.

A nous de cultiver ce trésor.

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