L’importance de parler aux bébés

 

Parler au bébé est vital pour son développement. S’il ne comprend pas tous les mots, il perçoit bien la tonalité des paroles prononcées et, à travers cela l’humeur et l’état d’esprit de celui qui lui adresse la parole. Comme il est souvent tenu dans les bras quand on lui parle ou qu’il reçoit des soins, il est également sensible à la manière dont on le manipule, le retourne, lui enfile ses vêtements. En bref, bébé en sait beaucoup plus sur notre humeur du jour qu’on ne l’imagine. D’autre part, pour que le bébé apprenne à parler, il faut lui donner l’occasion de vivre dans un bain de langage. Il ne demande qu’à imiter dès qu’il en aura la capacité.

La cause de l’apparition des symptômes fonctionnels chez les enfants jeunes est, dans la grande majorité des cas, traumatique. L’évènement causal, le traumatisme, peut avoir eu lieu dans le passé des parents, pendant la vie fœtale ou depuis la naissance. Il peut s’agir d’un traumatisme qui concerne soit l’enfant directement (maladie, hospitalisation, difficultés à la naissance), soit toute la famille.

Nous savons actuellement que, pendant la grossesse, le fœtus perçoit lui aussi pas mal de choses. Ses organes des sens entrent progressivement en fonction et le fœtus semble mémoriser certaines impressions venant de l’extérieur ou liées à des modifications de la biologie maternelle. Le fœtus est bercé par la régularité des battements du cœur de sa mère, il entend les bruits intestinaux et est sensible au stress maternel. Il y réagit par une réaction personnelle sollicitant chez lui certaines sécrétions glandulaires que des émotions fortes suscitent dans le corps humain. Il aime apparemment le contact que l’haptonomie permet d’avoir avec lui à travers la paroi abdominale et utérine. Il entend les voix de ses parents, la musique que ceux-ci écoutent régulièrement, mais donc aussi les cris des disputes et le bruit incessant de la télévision par exemple.

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selon la méthode d’Esther Bick, il semble évident qu’un bébé comprend le sens du discours que son environnement lui adresse bien avant qu’il ne sache parler. Il comprend avec certitude l’affect qui sous-tend la parole à lui adressée : ses réactions par la mimique, les gazouillements, le geste, le fait de cesser de pleurer en témoignent.

Si un incident qui concerne directement la famille survient, les parents ont tendance à ne rien expliquer à l’enfant, croyant qu’il ne comprend pas ce qui se passe. Or le bébé, même très jeune, va percevoir que l’atmosphère familiale est différente. La manière dont il est soigné, manipulé, le ton des voix des membres de la famille seront différents, papa et maman vont moins lui parler et rire avec lui. Bébé est toujours sensible à l’émotion de son environnement et il sera vite capable de s’adapter à de légers changements, ils vont même l’intéresser et développer sa perception. Mais des bouleversements comme un deuil, une perte de travail, de violentes disputes, des inquiétudes majeures durent plus longtemps et bébé se pose des questions, devient lui-même anxieux et souvent difficile.

Comprendre l’importance du langage adressé au nouveau-né nécessite un bref rappel de son développement. Nous savons depuis longtemps que les bébés ne sont pas égaux à la naissance car ils viennent au monde avec un bagage héréditaire venant de leurs parents et de leurs aïeux. Brazelton, un médecin américain, a mis au point une échelle d’évaluation du nouveau-né qui explore ses capacités innées : ses capacités à se calmer (et le temps qu’il met pour y arriver), à être plus ou moins attentif au monde extérieur, à réagir plus vite et plus intensément. Cette échelle d’évaluation réalisée en présence de la mère, étonne souvent celle-ci, qui aura plus confiance dans les capacités de son bébé et aura tendance à le stimuler davantage. Une étude comparative a été faite à ce sujet et a démontré que, lorsque la maman assiste à la passation du test de Brazelton, le bébé aura à un an un quotient de développement plus avancé que les bébés dont la maman n’a pas eu cette possibilité. Cela s’explique assez simplement par le fait que les mamans averties étaient plus conscientes des capacités de leur bébé et le sollicitaient plus.

Stimuler un bébé

 Stimuler un bébé signifie lui parler, lui expliquer ce que maman fait, qu’elle va l’habiller, lui nettoyer les oreilles, pourquoi elle procède à tel ou tel soin, etc. Stimuler un bébé ne signifie donc pas l’exciter : agiter un bébé, le secouer, le lancer en l’air ne sont pas des attitudes constructives et peuvent, si elles sont violentes, provoquer des lésions cérébrales. Chatouiller un bébé peut le faire rire et constituer un jeu amusant mais en étant respectueux de sa capacité d’attention, car l’excès peut devenir très excitant, déborder ses capacités nerveuses et se terminer par des pleurs.

Stimuler un bébé est donc répondre à son désir de comprendre le monde qui l’entoure et qui l’intéresse au plus haut point. C’est l’éveiller à ce qui l’entoure, aux petits gestes du quotidien qu’il va mémoriser et attendre, c’est rire avec lui, c’est créer des jeux et les répéter car il aime reconnaître des situations et cette continuité le rassure et l’apaise. Il adore la musique et papa ou maman qui chante pour lui.

 Influence du milieu

En complément à ses capacités innées, le développement psychologique d’un bébé dépend des capacités d’empathie, de compréhension, de patience, de joie de vivre de la personne qui prend habituellement soin de lui. La personnalité des parents aura une influence sur la manière dont s’installent les interactions parents-bébé. Mais bébé n’est pas totalement passif. Il peut essayer de capter l’attention d’une mère un peu déprimée et arriver à la sortir de son retrait, comme en témoigne l’expérience de la « still face » (figure inexpressive).

On demande à la maman d’un bébé de trois à quatre mois de solliciter son bébé et d’avoir avec lui un échange de sourires et de lallations comme ils savent si bien le faire à partir d’environ deux mois. Quand l’interaction est bien engagée et très intense, on demande à la maman de cesser de sourire, de parler, et d’avoir une expression neutre, figée. Le bébé réagit dans un premier temps en essayant de relancer l’interaction  : il regarde intensément sa mère, lui sourit et émet des sons de manière crescendo et s’agite. Comme la maman ne répond pas à ses sollicitations, il perd petit à petit courage, ne sourit plus, ne jase plus, semble étonné puis triste, il baisse la tête, ne regarde plus sa mère et finalement se met à pleurer. Dès que le bébé est né, il va être sensible au comportement de ceux qui prennent soin de lui et l’environnement va immanquablement avoir une influence sur son évolution et intensifier ou atténuer ses capacités innées. Il deviendra vite difficile de distinguer ce qui vient de l’hérédité et ce qui vient du milieu. Ce pointa suscité pendant de nombreuses années d’intenses discussions entre les spécialistes de la petite enfance, mais semble actuellement dépassé dans la mesure où tout le monde admet que les deux aspects sont importants et assez vite difficiles à distinguer.

Parler aux bébés

Extrait du livre de Annette Watillon-Naveau intitulé La nécessité de parler aux bébés aux Editions yapaka.be

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source   :   https://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com/

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