Les cinq blessures de l’âme

Axel a rendez-vous avec son amie Sophie. Il se réjouit à l’avance de la soirée qu’ils vont passer, tout s’annonce bien. Mais … elle téléphone à la dernière minute : elle a un empêchement, la soirée est annulée.

Prendre soin des enfants

Que feriez-vous à la place d’Axel ? Et aussi, que ressentiriez-vous, même pendant une fraction de seconde (c’est le moment de regarder vos émotions à la loupe) ?

Peut-être vous direz-vous :
– moi, j’ai du mal à la croire… Déjà, l’autre jour, elle était en retard ; elle me ment, c’est sûr. (et le ton monte : insinuation, colère contenue).
ou :
– c’est toujours les mêmes qui ont de la chance. Pour moi, tout finit mal : chaque fois que je m’attends à passer un moment sympa, ça rate.
ou encore :
– bon, tant pis, c’est toujours comme ça pour moi, les gens ne m’apprécient pas. Je passerai la soirée tout seul, comme d’habitude.

Qu’Axel réussisse ou non à se raisonner, n’est pas la question principale. Une solution juste, me semble-t-il, serait de discuter quelques minutes avec Sophie : lui demander d’abord si tout va bien pour elle, si cet imprévu ne vient pas de quelque chose de grave. Puis exprimer sa déception, voir s’ils peuvent reprendre un rendez-vous ; et, si c’est nécessaire, chercher dès que possible à comprendre si ces rendez-vous manqués expriment un réel problème dans leur relation.

Trois façons d’aller dans le mur

3 façons d’aller dans le mur, ou au mieux, de tourner en rond dans une impasse ; se dire :
c’est de la faute de l’autre, des autres : ils sont méchants, stupides, etc.
c’est de la « faute » de la vie : la vie est dure, injuste, tout va toujours mal.
c’est de ma faute : je suis nul, mauvais, personne ne peut m’aimer.

Face à cela, on essaie de punir l’ « agresseur » :
punir l’autre : facile. On va au clash, on lui fait des reproches, on crée un conflit. On se sent mieux après ? Peut-être à très court terme, mais après : ça se discute .
se punir : on sait bien le faire aussi : se dévaloriser, s’auto-accuser des pires erreurs. En gros, rabâcher en boucle les reproches qu’on a entendu au cours de sa vie, les multiplier par un million, creuser nos propres ornières.

« punir la vie » : ça peut sembler plus difficile, mais on y arrive aussi : en se privant de ce qu’elle offre, en se repliant sur soi, en boudant et maugréant contre tout ce qui va mal sur terre.

On distingue une « façon d’aller dans le mur » dans chacune des phrases de notre exemple :
– moi, j’ai du mal à la croire… Déjà, l’autre jour, elle était en retard ; elle me ment, c’est sûr. (« c’est de la faute de l’autre »)
– c’est toujours les mêmes qui ont de la chance. (« c’est de la faute de la vie »)
– bon, tant pis, c’est toujours comme ça pour moi, les gens ne m’apprécient pas. (« c’est de ma faute »)

ALLER DANS LE MUR

Des clés pour NE PAS aller dans le mur…

et même pour retourner la situation en positif.

Tout d’abord, reconnaître nos 3 impasses préférées : « c’est de la faute de l’autre, de moi, de la vie ». (On est tellement habitués à ce fonctionnement qu’il se présente presque toujours en premier) . Et rebrousser chemin aussitôt.
Puis se poser la question clé : qu’est-ce que ça touche en moi ?

Les réponses à cette question clé peuvent se décliner de différentes manières :
• faire attention à ce qu’on ressent physiquement (tensions dans le ventre, le dos, observer sa  respiration)
• mettre un nom sur ce qu’on ressent émotionnellement. Exemples : quand il s’est produit cet  événement, je me suis senti(e) triste, en colère, coupable, vexé(e), etc.
• se demander ce que la situation a touché en nous, et comment guérir, apaiser, consoler, cette  partie douloureuse.

Ici, intervient un outil très pratique pour mieux vivre une contrariété comme ci-dessus, ou un événement plus grave : tenter de reconnaître quelle(s) blessure(s) cette situation a réactivé en nous. Cet outil, c’est « les cinq blessures de l’âme ».

BLESSURES DE L'AME
Les cinq blessures de l’âme

Pour mémoriser facilement ces cinq blessures, on utilisera l’acronyme TRAHI. Les voici :
T : Trahison
R : Rejet
A : Abandon
H : Humiliation
I : Injustice

Dans l’exemple ci-dessus, quelles blessures ont-elles été touchées ?
– « moi, j’ai du mal à la croire… Déjà, l’autre jour, elle était en retard ; elle me ment, c’est sûr. (et le ton monte : insinuation, colère contenue) » : cette réaction évoque une blessure de trahison. Qui a menti à Axel dans son passé ? Sur qui croyait-il pouvoir compter, alors qu’il l’a déçu ? Il est possible qu’il ait attiré de nouveau une telle situation, et qu’il s’agisse d’un véritable mensonge de la part de Sophie, il est aussi possible qu’Axel voie la situation à travers des « lunettes-blessure-de-trahison ».

– « c’est toujours les mêmes qui ont de la chance. Pour moi, tout finit mal : chaque fois que je m’attends à passer un moment sympa, ça rate ». On reconnaît ici une blessure d’injustice : « les autres ont de la chance, pas moi, c’est injuste, dégoûtant ». Dans ce cas, on se révolte… en se cognant la tête contre les murs, pas très utile.

– « bon, tant pis, c’est toujours comme ça pour moi, les gens ne m’apprécient pas. Je passerai la soirée tout seul, comme d’habitude ». Il suffit alors de peu pour qu’il se sente rejeté (blessure de rejet), pas aimé, « en trop ». Et aussi peut-être, abandonné : ces deux blessures sont assez proches dans leur manifestation ; mais elles n’ont sans doute pas la même origine. La blessure d’abandon est probablement plus archaïque, elle date des mémoires de tout petit enfant :si un bébé est abandonné par ses parents, il meurt. La blessure de rejet touche à la question : « suis-je aimé, accepté ? Vais-je pouvoir être heureux ? », elle concerne la joie de vivre, ou son contraire. La blessure d’abandon concerne le fait de vivre ou de mourir.

BLESSURESLa blessure d’humiliation peut se superposer à celles-ci, ou se manifester encore autrement, les manifestations et combinaisons de ces blessures sont infinies.

Il ne s’agit bien sûr que de pistes, pas de dogmes incontournables, jamais. Chaque être humain est unique, chaque situation est unique : une difficulté peut toucher plusieurs blessures à la fois, ou encore une zone douloureuse qu’il n’est pas facile de nommer dans ces termes.

Quoi qu’il en soit, devant une situation pénible, je trouve très pratique d’utiliser le concept des cinq blessures :Au lieu de ruminer : « C’est à cause de Untel », ou « C’est de ma faute, si seulement j’étais différente », ou « La vie est vraiment nulle » (rappelez-vous, plus haut : les 3 façons d’aller droit dans le mur). C’est tellement préférable de me demander immédiatement : « quelle blessure ça touche en moi ? ». Très souvent, l’une des cinq se présente, sans difficulté. Quelquefois, il faut chercher plus loin. Mais au moins, on sort tout de suite des ruminations, si courantes. La question suivante est alors, très logiquement : de quoi j’ai besoin pour me sentir mieux, pour contribuer à guérir de plus en plus cette blessure ? Un tapping, par exemple, est si souvent un moyen de se sentir mieux…

Pourquoi parler de « blessures – nuages » ?

Je le répète, je trouve le concept des cinq blessures extrêmement utile. Cependant, le mot « blessure » évoque tout de même de sinistres images. Chaque mot réactive un ensemble de synapses, donc autant faire en sorte qu’elles soient le moins « noires » possibles.

En Ho’oponopono, on parle de « mémoires » : nettoyer des mémoires, guérir des mémoires, c’est plus neutre.

J’aime aussi considérer chaque être vivant comme un « Soleil derrière des nuages » . Le Soleil, c’est notre Sagesse Intérieure, la Divinité en nous, notre Connexion à l’Univers. Les nuages, c’est : nos conditionnements, nos blessures et nos comportements qui visent à ne pas les ressentir … comportements pas toujours agréables pour les autres.

Mais … les nuages durent beaucoup moins que le soleil. Penser en ces termes, s’imprégner du réflexe de voir nos problèmes comme des nuages, et les solutions comme un soleil, permet de relativiser : Nous sommes bien Plus que nos problèmes, que nos blessures.

Claude-Canivez

Claude Canivez
Accompagnatrice EFT, développement personnel – Vanves (92)
www.jaime-left.com

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de citer l’auteur, les sources, et le site: https://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com/

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